Coup d’accélérateur ravageur dansle dossier Tapie-Adidas-Crédit Lyonnais

JUSTICEFRANCE Le coup d’accélérateur a été donné il y a deux semaineslors de l’audition de Christine Lagarde par la justice française.

L’ex-ministre des Finances de Nicolas Sarkozy – successeur de Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds monétaire international – a été longuement entendue et placée sous statut de témoin assisté par la justice hexagonale.

Une décision mi-figue mi-raisin qui n’exonère pas Mme Lagarde, contrairement à ce qu’elle et ses conseillers tentent de faire passer comme message.

Depuis, le dossier Tapie-Adidas-Crédit Lyonnais, et l’arbitrage par des juges indépendants, qui a permis à Bernard Tapie d’empocher plus de 400 millions d’euros, et surtout 47 millions à titre de d”domagament moral, là où la cour de cassation lui avait accordé un euro, aiguise toutes les attentions et suscite biens des questions.

Dans la foulée de l’audition de Mme Lagarde, c’est le juge Pierre Estoupe, personnage central de cet arbitrage qui a été mis en examen pour “escroquerie en bande organisée”. À la base, c’est une simple dédicace faite par Tapie qui a laissé planer le doute sur son indépendance. Du coup, évidemment, certaines langues se délient et le haut magistrat est décrit comme un homme qui aime l’argent, qui aurait agi “bizarrement” dans un arbitrage entre Omar Bongo, le président du Gabon, aujourd’hui décédé, et André Tarallo, cadre chez Elf et un des acteurs principaux du dossier des pétrodollars de la Françafrique.

La mise en examen de l’ancien magistrat n’a fait qu’accroître les soupçons sur une affaire qui pourrait être le grand feuilleton de l’été juridicopolitique français.

Les questions se bousculent dans ce dossier. Pourquoi avoir recouru à cet arbitrage “indépendant”? Comment expliquer que Tapie ait obtenu de tels montants? Quel rôle à joué le politique dans ce dossier ?

La dernière question est évidemment au centre de toutes les attentions. François Bayrou, le patron du MoDem, a été un des premiers, il y a dix jours, à désigner clairement Nicolas Sarkozy comme pièce-maîtresse de ce dossier : “Il n’y a personne en France connaissant l’État qui puisse soutenir que ça n’a pas été approuvé au plus haut sommet de l’État, sans que le président de la République lui-même ait donné son approbation, son feu vert.”

Dans la foulée, l’Etat français a annoncé qu’il se portait partie civile dans ce dossier, histoire de récupérer l’argent versé à Tapie, évidemment, histoire, surtout, de pouvoir jouer les aiguillons et de disposer ouvertement des pièces du volumineux dossier judiciaire.

Dès ce lundi, de nouvelles auditions sont attendues dont celle de Stéphane Richard, personnage au cœur de ce dossier.

L’homme a été le chef de cabinet de Jean-Louis Borloo lorsque celui-ci est passé furtivement (4 semaines), à la tête du ministère des Finances, avant de poursuivre l’aventure sous Christine Lagarde et de retomber sur ses pas en devenant le patron de la société Orange.

Stéphane Richard est très dissert ces derniers jours. C’est lui qui a expliqué lque le dossier avait été lancé par Borloo et que Lagarde n’avair fait que suivre le mouvement. A la veille du weeek-end, il a encore expliqué que l’Elysée _ et donc Nicolas Sarkozy - était en première ligne dans ce dossier.

Bernard Tapie, Christine Lagarde, Nicolas Sarkozy mais aussi François Mitterrand. C’est lui qui a conseillé à Tapie, devenu son ministre de la Ville, de vendre Addidas, ce qui pouvait permettre à Bernard Tapie d’éviter de tout perdre dans ce dossier où il avait acheté la marque aux trois bandes grâce à un prêt de près de 100 % du Crédit Lyonnais. Sans Mitterrand, ce dossier n’aurait jamais existé!

H. Le.