Xavier Siméon à cœur ouvertavant l’étape catalane

ENTRETIENMONTMELO En montant sur le podium du Grand Prix de France, Xavier Siméon a gravi un solide échelon dans son cursus honorum de la catégorie intermédiaire. L’occasion de dresser avec lui le bilan d’une saison 2013 plus que prometteuse à la veille de l’étape catalane. “En fait, je reviens de loin. Après une saison 2012 délicate, nous sommes parvenus à remettre tout en marche grâce aux efforts déployés par Didier de Radiguès et Freddy Tacheny. Je me suis retrouvé dans une petite structure ayant connu deux à trois saisons compliquées car elle manquait de moyens financiers et techniques. Nous avons pris quelques risques, mais la sauce a pris. Sans la moindre pression ! Ce qui m’a permis de me reconstruire et de répondre aux objectifs de ma nouvelle écurie : une place dans le Top 10. J’ai terminé dans les dix au Qatar. J’ai réussi de bons essais au Texas, mais j’ai connu une course délicate en raison d’un problème pneumatique. À Jerez, j’ai commencé à monter en puissance avec une 6e place en qualif et une 6e place en course. Au Mans, j’ai pris l’un de mes meilleurs départs. Mes rivaux ont commis des erreurs alors que je n’ai pas arrêté d’attaquer pour m’assurer une place sur le podium à sept tours de l’arrivée. Je l’ai dédié à mon père qui s’est illustré au Mans en Endurance.”

Quel sentiment, ce premier podium vous a-t-il apporté ?

“Dans le coup lors des trois premières courses, j’avais besoin de peaufiner mon pilotage. Au Mans, j’ai réalisé une course presque parfaite au niveau de la conduite de ma Kalex. J’ai pu mesurer à quel point j’avais amélioré ma manière de piloter. J’ai aujourd’hui un style propre et plus fluide que j’ai pu développer en fonction de mes sensations, mais différent de celui de mes adversaires. Tout cela est aussi le résultat d’un travail d’équipe. Contrairement à l’an dernier, je bénéficie de beaucoup d’informations de la part des ingénieurs et c’est à moi à sélectionner celles qui me conviennent.”

Comment entrevoyez-vous vos prochaines courses ?

“Je veux continuer sur ma lancée, c’est-à-dire me montrer régulier pendant les essais et à chaque Grand Prix où je continuerai à viser une place dans le Top 6. Dans une catégorie aussi compétitive, ce n’est pas évident de faire chaque fois partie du tiercé gagnant, mais je suis convaincu de pouvoir signer d’autres coups d’éclat. Avec toute sa panoplie de courbes diversifiées, le circuit de Catalunya me plaît beaucoup, même si je n’y ai pas roulé depuis deux ans. Je devrais rapidement y retrouver mes repères, surtout que j’apprends vite. Viendra ensuite Assen. C’est mon deuxième rendez-vous de la saison avec mes supporters après Le Mans. Je considère Assen comme mon Grand Prix et j’aimerais y décrocher un podium.”

Un avis sur votre accrochage avec De Angelis au Mugello ?

“Je veux oublier cet incident, même s’il paraît évident que j’étais passé devant lorsque De Angelis est venu me donner un petit coup de roue avant sur le genou qui a provoqué ma chute. Cette mauvaise expérience me rend plus fort pour les courses suivantes, surtout si ce genre de situation devait se reproduire. Ceci dit, j’aurais peut-être dû aller plus vite dans les trois ou quatre premiers virages de la course. Cela m’aurait évité d’être piégé dans le deuxième groupe.”

Quelle est votre marge de progression au guidon de la Kalex ? Pensez-vous pouvoir encore aller plus loin avec cette moto ?

“J’ai envie de répondre positivement sans m’enflammer pour autant. Il est, néanmoins, clair qu’avec les deux dernières courses que je viens de vivre, je me fixe des objectifs un peu plus élevés. Je sais que j’ai une moto qui me permet de rouler comme je le souhaite et une équipe qui répond promptement à mes indications. Du coup, quand je suis en piste, c’est beaucoup plus facile pour moi. Aujourd’hui, je me sens capable d’imposer mon rythme, surtout dans les portions sinueuses des circuits. Il me faut peut-être encore affûter ma vitesse de pointe pour davantage jouer gagnant.”

En attendant, vous ne passez vraiment plus inaperçu auprès des écuries concurrentes…

“Les supplanter avec un budget six fois plus petit que les leurs les interpelle fortement. Ce qui ne peut qu’attirer l’attention de nouveaux sponsors et nous donner plus de moyens pour faire de bonnes choses. D’ailleurs, nous n’allons pas tarder à parler d’avenir. Mais, pour le moment, ce qui importe le plus pour moi, c’est que je me sente très bien de cette petite structure.”

Interview > Jean-Marie Van Rode