L’homme au billet de 500 aurait fait des dizaines de victimes depuis fin 2011 en Hainaut

APPEL À LA VIGILANCEMONS Un mystérieux sexagénaire sévit dans le Hainaut depuis plusieurs mois. Il aurait fait pour victimes plusieurs dizaines de commerçants.

Un cliché que nous publions le montre en pleine action, tenant dans la main droite un bout de papier blanc. Ce bout de papier est un billet de 500 euros : et c’est le procédé qu’il utilise !

Pour avoir été maintes fois contrôlé par des commerçants équipés d’un détecteur, le billet est authentique. Le but n’est donc pas de refiler un faux, mais d’utiliser un gros billet pour obliger le commerçant à faire le change et le distraire, souvent le forcer à se rendre dans l’arrière-boutique le temps pour lui de vider une partie de la caisse.

Mais pas tout  : le commerçant s’en apercevrait et l’affaire tournerait alors en violence.

Or, son procédé ne comporte aucune violence. C’est d’ailleurs ce qui permet au papy escroc de durer. Les victimes ne s’aperçoivent du vol qu’en fin de journée. Et rares sont celles qui soupçonneraient un monsieur si sympathique et maladroit qu’on chercherait plutôt à aider. “Alors qu’en réalité…”

Les premiers faits connus datent de 2011. Aucun type de commerce n’est épargné. Le papy escroc est actif dans le Borinage, le Centre et la région de Charleroi. Il gagne à tous les coups. À ce jour, il est insaisissable.

Samedi passé, une pharmacienne de Colfontaine a reçu sa visite. “Pendant tout un temps, je ne me doutais de rien. Pour moi, c’était un client âgé comme un autre. Il venait, disait-il, pour sa femme qui voulait une crème. Mais une crème quoi ? Une crème pour les mains ? Le visage ? Les cuisses ? Anticellulite ? Antirides ?”

Partout, le papy escroc fait mine de ne pas parler le français. “Il me demandait de parler en espagnol. Avec le recul, je me rends compte qu’en réalité il comprend très bien. Quand j’ai eu des doutes et qu’il a réalisé qu’il ne m’aurait pas et que je ne m’éloignerais pas de la caisse, il m’a dit, en bon français, qu’il irait à la banque et reviendrait avec la monnaie. Je savais que je ne le reverrais pas. Il n’est pas revenu.”

La pharmacienne a alerté la police. Celle-ci lui a confirmé que, dans le Hainaut, l’homme au billet de 500 était recherché depuis fin 2011. Bien vêtu, casquette, lunettes, écharpe ou col roulé, la soixantaine, cheveux gris, et un gros nez rond…

Gilbert Dupont