Des gens qui s’embrassent. Et qui ennuient, surtout

COMÉDIEDES GENS QUI S’EMBRASSENT Résumé. Tout oppose Roni et Zef : l’argent, la vision de la religion, les qualités artistiques, la vision de la vie. Mais ils sont frères. Alors, quand Zef perd sa femme, Roni est là pour l’accueillir. Et lui reprocher au passage de ne pas s’occuper de leur père. En même temps, l’enterrement l’ennuie sérieusement. Il avait prévu de marier sa fille le samedi. Le hasard faisant mal les choses, le futur gendre a tapé dans l’œil de la fille de Zef, qui considère sa cousine comme sa sœur.

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Notre avis. Mais qu’est-il arrivé à la formidable scénariste-réalisatrice de La bûche, Fauteuil d’orchestre ou même, dans une moindre mesure, Le code a changé ? Son goût du dialogue, son sens de l’observation par rapport à nos petits travers, sa capacité de rendre des personnages amusants et authentiques, tout cela sent la naphtaline dans cette comédie poussive dont le scénario s’assimile à une insupportable succession de coïncidences aussi symboliques que ridicules (Max Boublil pense à l’élue de son cœur et… tombe sur elle en plein Paris, les deux frères tombent l’un sur l’autre par hasard à Saint-Tropez, on en passe et des pires).

Aucun élément de surprise ne vient égayer ce triste spectacle. Les personnages comme les situations vécues relèvent systématiquement du cliché éculé sur le thème mille fois répété de “La famille c’est compliqué”.

Même les bons mots, pourtant si chers à Danièle Thompson, sont aux abonnés absents. Tout au plus sauvera-t-on cette vacherie d’Eric Elmosnino à propos de sa belle-sœur détestée, incarnée par Monica Bellucci : “Italienne, ce n’est pas de sa faute, mais conne à ce point-là !”

C’est peu. Totalement insuffisant même. Cette comédie d’une autre époque ne possède ni charme ni inspiration. Vivement son prochain long métrage que Danièle Thompson démontre que ce monstrueux faux pas n’était qu’un accident de parcours.

Patrick Laurent

Des gens qui s’embrassent

Comédie

Réalisé par Danièle Thompson

Avec Kad Merad, Eric Elmosnino, Valérie Bonneton, Monica Bellucci, Max Boublil

Durée 1 h 40