Charleroi pionnière de l'informatisation des données judiciaires

CHARLEROI Avec 6.000 dossiers à traiter chaque année, le premier canton de justice de paix de Charleroi se classe sur la 2e marche du podium hennuyer, derrière La Louvière. En se portant volontaire pour un projet pilote d'informatisation des données, au même titre que Torhout, Charleroi constituait donc un gros morceau pour l'entreprise Axylis, à l'initiative de cette action.

Il faut dire que la tâche est ardue. Depuis 15 ans et le lancement du projet Mammouth pour l'informatisation de la justice, les outils n'étaient plus vraiment à la pointe : système d'exploitation en WordPerfect, interface antique, base de données éculées et autant de serveurs qu'il n'existe de cantons en Belgique. Soit 229... Difficile donc de parvenir à une homogénéité au niveau national.

Or, c'est le défi que s'est lancé la société wallo-flamande Axylis en développant le projet MaCH, pour Mammouth at Central Hosting. "Ce n'est pas une révolution mais une évolution", explique Alain Constant d'Axylis. "Nous partons d'une infrastructure existante pour la moderniser. Les anciens dossiers seront d'ailleurs récupérés et convertis. L'interface est quant à elle plus moderne, plus aisée à manipuler. Enfin, un serveur unique pour les 229 cantons centralise les données à Bruxelles, ce qui permettra notamment d'établir des statistiques."

En fonction à Charleroi, le projet est une réussite, comme a pu le constater hier le ministre de la Justice, Jo Vandeurzen, en visite chez le juge de paix, Pierre Dandois. "Le but ultime est un système informatique intégré pour tous les départements de la justice", explique Jo Vandeurzen, qui a décidé de rebaptiser Mach en un Cheops Justice plus sexy.

"La qualité importante de ce projet, c'est son approche pyramidale, d'où son nom. On part de la base, telle que la justice de paix, et on continue à construire. Les 37 tribunaux et 29 parquets de police devraient utiliser l'application en 2009. Elle sera ensuite étendue aux parquets et tribunaux de première ligne fin 2010".

Le maniement de ce nouvel outil ne devrait pas non plus poser de problèmes. Pour ce faire, la firme Axylis fonctionne sur le principe du "Teach the teachers". En bref, quelques employés du greffe sont formés et deviennent à leur tour formateurs de leurs collègues. "C'est une pierre à apporter à l'amélioration de la justice", se réjouit le juge Pierre Dandois. "Grâce au gain de temps que cela va engendrer, nous pourrons nous concentrer sur l'accueil et le service au citoyen". L'arriéré judiciaire a-t-il trouvé son remède ?

Frédéric Dubois

Pour une fois, le ministre de la Justice s'est déplacé à Charleroi pour mettre en exergue du positif : la justice de paix s'était portée volontaire pour un projet pilote d'informatisation des données judiciaires. (TTLAGENCY)