L’avocate générale a démontré la violence gratuite dont ont fait preuve les deux frères

ASSISESMONS Cédric et Dimitri Dufourny se trouvent devant la cour d’assises du Hainaut parce que, au cours de leur nuit de folie en mai 2011, d’une sauvagerie sans commune mesure, Christophe Dufour est mort de coups de couteau et d’une balle tirée dans sa mâchoire à bout touchant.

Nuit pendant laquelle deux autres victimes ont été poignardées. “L’expert l’a expliqué. Il avait rarement vu autant de sang. Il y en avait partout. Sur les chaises, les murs, les chambranles, les sols. Dans le hall, sur la porte du voisin chez qui le malheureux est allé gratter. C’est un acharnement. Ils ne pouvaient pas avoir d’autre intention que de tuer !”, a plaidé Cédric Druart, conseil de la partie civile pour qui les deux accusés sont coupables de meurtre pour faciliter le vol.

Ingrid Godart, l’avocate générale, a démontré la violence gratuite dont ont fait preuve les deux frères, associés dans le déferlement de cruauté, face à trois victimes qui ne montraient aucune rébellion.

Paolino P. avait offert des cigarettes aux accusés qui n’ont pas hésité à le poignarder pour lui voler son véhicule. Didier D. avait aidé un des frères à se réinsérer après un séjour en prison. Cédric, en retour, lui a volé sa carabine pendant que Dimitri s’acharnait à lui planter quatorze fois son couteau. Assis à califourchon sur lui, il poussait des deux mains pour le faire pénétrer dans la cage thoracique.

Quant à Christophe, le voisin de Dimitri, il lui avait donné un coup de main pour repeindre son appartement et prêté sa console de jeux. Trois hommes trop bons. Trois victimes d’une agression d’une sauvagerie extrême.

La défense a plaidé la culpabilité. De toute façon, les accusés sont en aveux des faits matériels. Cédric conteste par contre l’intention d’homicide. “C’est moi qui ai tué Christophe. Accidentellement. Le tir est parti tout seul.” Le verdict était attendu au cours de la nuit.

Nathalie De Reuck