Un attrait belge pour les investisseurs étrangers : les produits de luxe

Il n’y paraît pas toujours, au premier abord, mais certains produits n’ont pas la même valeur partout. Une bière, une pièce de couture, un carré de chocolat,… autant de symboles du savoir-faire belge. Qui s’exporte, mais pas seulement.

Si le marché européen est désormais totalement ouvert, franchir certaines frontières au-delà de cet espace relève parfois du parcours du combattant. Parallèlement, la crise économique a plongé certaines enseignes dans une relative morosité. Dans le premier cas, fusionner avec une firme étrangère permet d’écouler plus aisément des marchandises à l’étranger.

Dans le second, un apport de fonds est parfois la seule possibilité pour éviter la déconvenue. C’est notamment le cas de la célèbre marque de sacs Delvaux. Après quelques années de disettes, elle écoulait alors la majorité de ses marchandises en Belgique, la firme a été rachetée en 2011 par Fung Brands Limited. Une société d’investissement basée à Honk Kong, spécialisée dans ce type d’achats. Au-dessus d’elle, un immense conglomérat familial, vieux de près d’un siècle, qui fournit également d’autres enseignes… Zara en Europe, Wal-Mart aux USA.

Une telle opération ne passe pas inaperçue bien sûr, des chinois sont subitement devenus propriétaires d’un fournisseur officiel de la Cour, une célébrité dans le monde du luxe. D’autres, médiatisés eux aussi, sont notables et typiquement belges : des brasseries, entre autre. L’Ultra, une bière du Hainaut, brassée depuis toujours à Ecaussinnes, a ainsi bénéficié de l’ouverture du marché chinois. Corsendonk, dans le Namurois, a aussi opté pour un accord lui permettant d’écouler des marchandises en Chine.

Qu’il s’agisse d’investissements ou de contrats pour la distribution, l’Empire du Milieu n’a pas hésité à faire son marché. Les missions économiques permettent d’ailleurs de tels rapprochements, malgré les frontières. D’autres exemples sont en revanche moins glorieux, comme la RTBF le rappelait récemment, avec la stratégie d’achat de bois noble en Wallonie. À des prix si élevés que les producteurs ne peuvent refuser… mais au détriment de la filière locale.

Seulement voilà, le développement économique de la Chine est allé de pair avec l’émergence des classes moyenne, aisées, riches, très riches même – jamais autant de nouveaux milliardaires ne sont apparus en si peu de temps dans l’histoire – dont le goût pour les valeurs sûres occidentales semble sans commune mesure. Donc chez nos voisins aussi.

La France, par exemple, voit aussi son bois partir au bout du monde, Justin Bridou, Aoste, Cochonou,… sont passés dans les mains asiatiques. Une hérésie ? Pas quand on sait que le fonds d’investissement chinois a acheté ses marques à un groupe d’alimentation spécialisé… Américain.

J.-B. M.