Le médecin de Quick Step, accusé d'avoir délivré des hormones de croissance, se défend

BRUXELLES Yvan Van Mol, le médecin de l'équipe Quick Step, qui est également au centre des accusations lancées par le quotidien flamand Het Laatste Nieuws, est sorti de sa réserve lundi soir. Jusqu'à présent assez discret, le médecin a réagi aux nouvelles attaques proférées à son encontre par le journaliste Maarten Michielssens, à la base de la bombe qui a explosé la semaine dernière. Dimanche, ce dernier a affirmé lors de l'émission De Zevende Dag de la VRT qu'Yvan Van Mol avait avoué travailler avec des hormones de croissance.

Maarten Michielssens a choisi de ne pas publier cet aveu, afin de s'adapter à la tactique de Patrick Lefevere, à savoir "garder les preuves et arguments pour la justice".

Cette preuve, Yvan Van Mol l'a lui-même dévoilée lundi soir. "Il s'agit d'un entretien téléphonique qui date du 15 décembre 1995, explique-t-il. Je le fais connaître dans son entièreté. Sinon, Het Laatste Nieuws aurait certainement publié certains passages mais pas l'intégralité. Cela ne m'aurait alors pas mis à mon avantage..."

Car au début de cet entretien avec Ivan Sonck, un ancien journaliste de la télévision flamande BRTN, Yvan Van Mol reconnaît l'usage d'hormones de croissance au sein de l'équipe, qui était Mapei à l'époque. "En fait, j'ai admis être au courant qu'il y avait un travail effectué avec des hormones de croissance mais je n'ai jamais dit que j'étais impliqué dans la délivrance de ces hormones, poursuit Van Mol. J'ai juste dit que j'en avais connaissance."

À l'époque, Sonck enquêtait sur les pratiques dopantes du peloton des années 90. "Yvan Van Mol était une des personnes les plus connues de l'entourage médical du cyclisme, poursuit le journaliste. J'ai essayé de faire témoigner plusieurs personnes mais personne n'a voulu s'exprimer devant la caméra." Yvan Van Mol non plus, qui a décliné une invitation pour une émission consacrée au dopage. L'entretien téléphonique était d'ailleurs destiné à préparer cette émission. Et Van Mol a interdit la diffusion de cet entretien téléphonique.

"J'ai simplement fait mon devoir. Et j'ai d'ailleurs écarté de l'équipe ceux que je soupçonnais d'utiliser des hormones de croissance."

Le médecin de Quick Step s'est adjoint les services de l'avocat Johnny Maeschalck, qui a déjà annoncé qu'une plainte allait être déposée contre Het Laatste Nieuws.

J. Gil.

Yvan Van Mol, à la gauche de Patrick Lefevere, a démenti les accusations portées contre lui.(BELGA)