L'ex-buteur du FC Liégeois est champion de Serbie avec le Partizan

BELGRADE Zvonko Varga a réussi sa reconversion dans son pays natal.

Après avoir travaillé un temps sous les ordres de Lotthar Matthäus, l'ancien buteur du FC Liégeois assume les fonctions d'entraîneur adjoint du Partizan Belgrade, champion frais émoulu de Serbie-et-Monténégro. «Je reste au club, assure-t-il. D'autant que le challenge que nous nous sommes imposé est excitant: nous qualifier pour la Ligue des Champions!»

À son grand dam, Zvonko Varga ne prendra pas place, ce soir, dans les tribunes incandescentes du stade Maracana: «Je m'octroie quelques jours de vacances en Turquie avant de subir, le 9 juin, une opération assez lourde qui doit redresser ma cloison nasale.»

«L'union sacrée, enfin!»

Dans sa retraite turque, les oreilles de Zvonko Varga résonnent encore de l'effervescence qui embrase Belgrade. «L'engouement pour ce match est phénoménal chez nous, se réjouit-il. Dans les rues, cette rencontre constitue l'unique sujet de conversation. Pour une raison toute simple: pour la première fois depuis très longtemps, notre petit pays possède une chance réelle de se qualifier pour un tournoi international majeur. L'attrait pour ce match est d'autant plus fort que cette qualification ne dépend vraiment que de nous»

À l'instant d'élire l'artisan de cet avènement annoncé, Zvon- ko Varga n'hésite pas: «C'est notre coach, Ilija Petkovic. Cet ancien grand joueur a réussi un coup magistral: il a recréé l' union sacrée entre toutes les composantes du football serbo-monténégrin. Les joueurs, les médias et le public ont banni le chacun pour soi égoïste: ils ne tirent plus à hue et à dia. Notre coach les a ressoudés sous la bannière de l'équipe nationale. Quand celle-ci joue, même les supporters de l'Étoile Rouge et du Partizan font cause commune. Ce n'était pas le cas avant. Ilija Petkovic est un supercoach. Cet hom- me de dialogue est un grand psychologue. Il sait convaincre et rallier les hésitants à sa cause. Ses joueurs iraient au feu pour lui. C'est normal: il connaît les défauts et les qualités de chacun et il les a toujours défendus.»

Naguère les non-sélections, délibérées, de Kezman et de Milosevic auraient bouté le feu au pays: «C'est la première fois dans notre histoire que deux stars patentées ne sont pas sélectionnées. Cette initiative démontre à la fois le courage d'Ilija Petkovic et la qualité de notre formation nationale. D'abord stupéfait, le peuple a vite donné crédit au coach. Il lui fait confiance. Sous l'égide d'Ilija Petkovic, la Serbie- et-Monténégro a retrouvé une véritable équipe, soudée et solidaire. Celle-ci ne ressemble donc plus à une mosaïque de stars. Elle a rejeté ces vedettes d'antan qui, hier encore, s'exprimaient beaucoup plus dans les médias que sur le terrain. Aujourd'hui, chacun ressortit du même moule. Bien sûr, Stankovic ou Vukic vous vous souvenez? Il a marqué en Belgique émergent parfois parce qu'ils sont brillants naturellement mais ils ne tranchent plus sur leurs équipiers comme leurs aînés précédemment.»

Devant son écran de télévision, Zvonko Varga va suivre tout particulièrement Jestrovic: «En 1997, j'entraînais Tilleur-Liège. Nenad, tout jeune, se distinguait à l'OFK Belgrade. J'ai voulu l'attirer chez nous. Hélas! il coûtait déjà trop cher»

Les Diables doivent-ils craindre le Maracana? «Franchement oui, avertit Zvonko Varga. L'ambiance sera identique à celle qui avait prévalu contre l'Espagne: elle sera hostile à l'adversaire et fervente pour la Serbie. Avant, le stade était coupé en deux: les supporters du Partizan beuglaient côté sud, les fans de l'Étoile hurlaient côté nord. Mais les uns et les autres ne soutenaient que leurs propres favoris. Cette saison, pour la première fois, les uns et les autres se découvrent supporters de l'équipe nationale dans sa globalité»

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