Euthanasie des bébés : une réalité

Décision souvent prise en concertation avec les parents. Mais pas toujours

BRUXELLES La décision est cruelle. Davantage sans doute que lorsqu'il s'agit d'un adulte. Lorsqu'un bébé est atteint d'une maladie grave, dont on sait qu'elle n'offre aucune chance de guérison, comment lui assurer une fin de vie la plus douce et la plus digne possible ? C'est l'interrogation, lourde, à laquelle sont confrontés des parents écrasés par le chagrin. Les médecins peuvent - et doivent - leur apporter des éléments de réponse.

Voici deux ans, le Dr Veerle Provoost, attachée à l'Université de Gand, avait publié, dans la revue médicale The Lancet, un article remarqué sur le sujet. Elle a poursuivi ses travaux, dont nos confrères de Medi-Sphère se font aujourd'hui l'écho.

La chercheuse s'est penchée sur le dossier médical de quelque 300 enfants décédés avant l'âge d'un an. Les médecins traitants ont été contactés, afin de mieux cerner les circonstances exactes de la mort. De fait, une décision de fin de vie a été prise chez la moitié d'entre eux. Cela s'est traduit - surtout - par l'arrêt du traitement potentiellement capable de prolonger la vie, de l'administration de doses d'opiacés dont on savait qu'elles pouvaient être fatales, ou de produits utilisés dans le but explicite de mettre fin aux jours de l'enfant (9 % des cas).

L'intention, quelle que soit la démarche, reposait sur le fait que soit le bébé n'avait aucune chance de survivre, soit (pour 30 % d'entre eux) il n'existait plus d'espoir d'une vie de qualité acceptable à l'avenir. Il en allait ainsi de ces mômes atteints de graves lésions cérébrales ou de lourdes malformations congénitales.

Dans l'écrasante majorité des situations (84 %), la décision a été prise en concertation avec les parents. Il reste que, pour les autres, le médecin a jugé seul qu'il était préférable de ne pas s'acharner.

J. M.

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