Un film noir et sulfureux

Le moine. L’adaptation du roman gothique polémique du 18e siècle

RÉSUMÉ. Abandonné à la naissance et recueilli dans un monastère, frère Ambrosio impose rapidement son éloquence et sa ferveur lors de messes de plus en plus fréquentées par les habitants de la région. Son principe est simple : “Le diable n’a que le pouvoir qu’on veut bien lui accorder”. Il suffit donc de le vouloir, pour ne céder à aucune tentation. Mais sa vie bascule lorsqu’un jeune et mystérieux novice, caché derrière un masque, lui sauve la vie.

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NOTRE AVIS. Dominik Moll s’est attaqué à un gros morceau avec ce Moine, écrit en 1792 par Matthew G. Lewis pour distraire sa maman. Considéré comme une des œuvres majeures du roman gothique et situé dans l’Espagne très catholique du 17e siècle, il nous plonge dans les tréfonds de la bassesse humaine, avec des meurtres, de la perversion, de la dépravation et des rebondissements de nature à choquer aujourd’hui encore.

Impossible de rester de marbre face aux événements. Mais aussi face à l’effet miroir : on s’imagine tous plus vertueux qu’on ne l’est réellement, et la chute peut être dure. L’interprétation de Vincent Cassel, à la limite de la frénésie et de la folie, rend le personnage encore plus ambigu, tantôt doux avec un visage sévère, tantôt dingue avec une approche séductrice. Une belle performance, bien filmée, qui aurait mérité une mise en scène plus serrée, moins lente et redondante. Dès qu’Ambrosio quitte l’écran, l’intrigue se traîne en longueur, verse dans les clichés monolithiques, déforce l’ensemble aux relents si malsains et profondément humains.

Malgré ses défauts et son côté rébarbatif à la base, ce film devrait séduire les adeptes du cinéma d’horreur psychologique tant il ébranle et appuie douloureusement sur les cordes sensibles.

P.L.

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