Une maladie rare l’emporte à 37 ans

Arthur Rimbaud avait cessé d’écrire des poésies quinze ans plus tôt…

Une rhumatologue expliquait qu’en dix années de carrière, elle n’avait été confrontée qu’une seule fois à la synovite villonodulaire. C’est une maladie rarissime qui a entraîné la mort, à 37 ans, du poète Arthur Rimbaud.

Poète ? Il ne l’était plus depuis de nombreuses années. Son œuvre littéraire est, dans son entièreté, une œuvre de jeunesse. Ses derniers poèmes, ceux de la compilation Les illuminations, datent de 1875. Il avait alors 21 ans. C’était quinze ans avant sa mort.

Déjà à ce moment-là, sa liaison avec Paul Verlaine, celle qui a fait tellement scandale, est terminée depuis longtemps. Depuis qu’à Bruxelles, le 10 juillet 1873, Verlaine avait tiré deux coups de feu dans sa direction. Rimbaud avait alors 18 ans.

La vie d’Arthur Rimbaud s’est vraiment divisée en deux blocs. Celui de ses scandales et de ses poèmes qui s’achève lorsqu’il a 21 ans. Il faut dire qu’à cette époque, la poésie ne lui a rien rapporté sinon l’admiration sans borne de ses pairs.

Ensuite, son destin l’entraîne dans une vie d’aventures et de voyages. En Europe, de 1875 à 1880. À Aden et en Éthiopie pendant les dix dernières années de sa vie.

Après l’incident, des coups de feu de Bruxelles, Rimbaud s’était enfermé dans une ferme que sa famille possédait à Roche, dans les Ardennes françaises, et il y avait achevé le recueil que l’on connaît sous le titre Une saison en enfer.

Il viendra à Bruxelles afin de le faire imprimer. Mais, pour pouvoir payer l’imprimeur, il n’aura d’autre alternative que de lui céder ses droits.

Ensuite, il part à Londres puis trouve un travail dans la ville anglaise de Scarborough. En décembre 1874, il est de retour chez lui, à Charleville, où il se met à étudier l’allemand.

Son vrai périple commence dès le 13 février 1875, à Stuttgart. Pendant les cinq années qui suivent, Rimbaud fera différents métiers dans dix pays d’Europe. En 1879, atteint d’une fièvre typhoïde, il rentre à Roche, portant maintenant une barbe d’un blond fauve. Ses proches le trouvent terriblement amaigri. Un ami lui demande s’il songe encore à la littérature. “Je ne m’occupe plus de ça !”

À partir de 1880, il passera les dix dernières années de sa vie entre Aden et la ville de Harar, à l’intérieur des terres éthiopiennes, à 400 km des côtes de la mer Rouge. On le décrit comme un homme taciturne et renfermé, menant une existence ascétique. Il est irritable, inconstant, mais scrupuleusement honnête.

Entre 1882 et 1884, il a vécu avec une femme, une Éthiopienne. Mais il a aussi un jeune serviteur qui ne le quitte jamais, Djami Wadaï.

En mai 1881, ses médecins diagnostiquent une syphilis. Mais c’est une synovite qui finira par l’emporter. Les premiers symptômes datent de février 1891, neuf mois avant sa mort. Tout a commencé par une douleur insupportable au genou. La synovite provient d’une évolution anormale d’une articulation. En l’occurrence, le genou, encombré de nombreux nerfs.

Rimbaud n’arrivait plus à marcher. Le 9 mai, il reprend le bateau pour la France et le 27, à Marseille, il est amputé de la jambe droite. Le 23 juillet, il a une jambe de bois lorsqu’il revient à Roche, soigné par sa sœur Isabelle. “Comme j’étais actif, il y a seulement cinq mois.”

En réalité, il a été opéré trop tard. Sa maladie avait rapidement évolué en tumeur cancéreuse et ce cancer a déjà commencé à se généraliser. En août, Rimbaud délire et son état empire. Il retourne à Marseille, à l’hôpital de la Conception, où il meurt le 10 novembre 1891. Voici juste 120 ans.

Satan adolescent...musée rimbaud

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