Il existait déjà le musée du pénis. C’est maintenant au tour du vagin d’être exposé sous toutes ses coutures, et ça se passe en Angleterre.

La moitié de la population en possède un et pourtant, on en parle très peu. Le vagin et le reste de l’anatomie féminine restent bien souvent tabous et sous-représentés dans la société et l’éducation en général. À tel point que 65 % des femmes entre 16 et 25 ans n’osent pas utiliser les mots "vagin" et "vulve", révèle l’organisation Eve Appeal et plus d’un quart des 25-29 ans sont trop embarrassés pour pratiquer un test de dépistage du col de l’utérus, d’après l’organisation Jo’s cervical cancer trust.

Pour remédier en partie à cette situation, Florence Schechter a mis sur pied le premier musée du vagin au monde. Après tout, il existait bien déjà le musée du pénis à Reykjavik alors pourquoi pas lui créer son pendant féminin ? C’est à Londres que le musée intimiste a élu domicile. Depuis 2017, les pop-up stores se sont multipliés à travers le pays, avec des expositions et des événements.

À bas les secrets

En 2019, les créatrices ont investi leurs premiers vrais locaux avec en ligne de mire de travailler sur leur location finale et permanente dans les prochaines années. "Depuis le lancement de ce projet en 2017, cela a été une expérience tumultueuse. Cela a été si excitant de faire grandir le projet depuis ma table de cuisine jusqu’à l’ouverture de nos premiers locaux sur le Camden Market. Grâce aux pop-up store de ces dernières années, j’ai vu que les gens avaient désespérément envie de parler de ce problème, car c’est quelque chose qui les préoccupe, mais ils peuvent avoir du mal à trouver des endroits sûrs et inclusifs où avoir ces conversations. Cela m’étonne toujours le soutien et l’amour que nous avons reçus en créant ce musée."

Avec Sarah Creed, la curatrice de l’exposition en cours et intitulée "Muff Busters : Les mythes du vagin et comment les combattre" et Maggie Milosavljevic, la directrice commerciale du Camden Market, elles souhaitent déconstruire les tabous qui entourent encore cette partie de l’anatomie féminine. Elles se sont fixé plusieurs objectifs : répandre les connaissances et sensibiliser à l’anatomie gynécologique, donner confiance aux gens pour parler des problèmes qu’ils rencontrent, ou encore supprimer la stigmatisation autour du corps et de l’anatomie féminine. À travers leurs expositions, elles souhaitent également faire office de sorte de forum pour le féminisme, les droits des femmes et les communautés LGBT +.

Leur première exposition est à visiter jusqu’à la fin du mois de février. Elle parle de société, de contraception, de règles, de sexe, de différences et de légendes.