Un Américain purgeant 60 ans de prison pour meurtre a obtenu jeudi l'annulation de sa peine et la tenue d'un autre procès, le juge l'ayant condamné s'étant vanté de "toujours" infliger une telle durée dans des affaires similaires. 

La cour suprême de l'Etat du New Jersey, dans un arrêt consulté par l'AFP, a estimé qu'une telle déclaration du magistrat était de nature à "saper la confiance du public dans notre système judiciaire et pénal".

Les juges de la plus haute juridiction de cet Etat de l'est des Etats-Unis ont donc accordé à l'unanimité un nouveau procès à Patrick McFarlane, 27 ans, reconnu coupable d'avoir mortellement blessé par balle en 2008 un homme qu'il avait par ailleurs dévalisé. Le prisonnier sera rejugé pour meurtre avec circonstances aggravantes.

La culpabilité de McFarlane avait été déterminée par un jury mais, comme c'est le cas généralement dans le système judiciaire américain, sa peine avait été prononcée par le juge présidant l'audience.

Ce dernier, Robert Billmeier, a treize mois plus tard, dans un autre procès pénal, prévenu l'accusé de ne pas attendre de clémence de sa part.

"Je donne toujours aux accusés reconnus coupables (de meurtre avec circonstances aggravantes) une peine minimum de 60 ans de prison, et vous pouvez vérifier mon bilan", a déclaré durant les débats le juge Billmeier.

De fait, au terme d'au moins trois autres procès, il a condamné trois accusés à 60 ans de prison, selon l'arrêt de la cour suprême du New Jersey.