En 1993, pour ses 30 ans, le prince Laurent accorde une interview télévisée. C’est une première. La famille royale n’ayant pas pour habitude, à cette époque, de s’exprimer publiquement. Sa prestation est réussie et donnera de lui une image proche et accessible dans l’opinion publique.

Pendant de longues années, il surfe sur une vague de sympathie populaire. On le surnomme le "prince du peuple". Il faut dire que ses actions sur le terrain touchent des personnes fragilisées. Avec sa Fondation pour le bien-être des animaux, il ouvre des dispensaires qui connaissent d’emblée un grand succès. Les personnes à revenus modestes peuvent venir y faire soigner gratuitement leur animal de compagnie.

Comment ne pas avoir de la sympathie pour un Prince dont l’adolescence a été marquée par une grande solitude en raison des dissensions entre ses parents ? Comment ne pas se rappeler sa fugue de son collège brugeois où il avait tant de mal à s’adapter ?

Sa dépression qui le conduisit à La Ramée est un autre exemple de ces situations de vie qui le rendent si proche de tout un chacun.

Pour son mariage en 2003, il demande au père Gilbert de concélébrer la cérémonie. Le lendemain, Laurent et Claire sont dans les Marolles où ils assistent aussi chaque année parmi le public au Bal national à la veille du 21 juillet.

Toutes ces attitudes continuent à construire l’image d’un Prince rebelle aux convenances et au protocole. Mais la révélation que sa résidence Villa Clémentine construite par la Donation royale a été meublée avec des fonds provenant de la Marine, va le propulser bien malgré lui au cœur d’un cyclone médiatique.

Le Prince est appelé à témoigner au tribunal et la Cour rembourse l’argent. C’est alors le déclenchement des révélations d’ex-collaborateurs impliqués dans cette affaire, qui pointent du doigt ses goûts de luxe, les passe-droits dont il jouirait comme s’installer en première classe alors qu’il n’a qu’un billet de classe économique, son caractère difficile, sa conduite dangereuse sur autoroute, sa pingrerie ainsi que son rapport jamais assouvi à l’argent.

Son voyage contre l’avis du gouvernement au Congo soulève la tempête. Son comportement remet en question le principe des dotations des membres de la famille royale. Laurent clame haut et fort qu’il ne peut se passer de cet argent. C’est alors la cassure avec Albert II et sa mise à l’écart de la Cour.

De prince du peuple, le voilà devenu le mouton noir de la famille royale. Laurent, qui se confiait volontiers aux caméras de télévision et à la presse, prend désormais les médias en grippe, lui qui s’estime victime d’un lynchage médiatique.

Ces dernières années, son image publique s’est fortement détériorée mais l’accession au trône de son frère Philippe l’a repropulsé sur le devant de la scène. Pour le moment, le Prince s’acquitte avec sérieux et enthousiasme de ses tâches royales. Peut-être qu’à 50 ans, qu’il fête ce samedi, l’heure de la maturité a enfin sonné pour Laurent de Belgique ?