Sports

Si le groupe italien de pneumatique Pirelli a mondialisé le concept dès les années soixante, les robustes Dieux du Stade , publiés pour la première fois en 2001 sous l’impulsion de Max Guazzini, alors président du Stade Français (rugby), l’ont rapidement fait s’intégrer aux mœurs du milieu sportif.

Jusqu’à voir se développer une véritable mode, dont rugby et volley sont les principaux pourvoyeurs. En attestent, d’une part, les productions féminines du XV de Perpignan, de Toulouse, d’Oxford ou, chez nous, des filles de Boitsfort ainsi que les hommes des Straffe Ketten (Bruxelles) et, d’autre part, des volleyeuses cannoises, biterroises, espagnoles et même… romedennoises (province de Namur).

Mais les athlètes d’autres disciplines ne sont pas en reste. Des footballeuses espagnoles en passant par leurs homologues italiens, des skieuses, hockeyeurs, basketteurs, handballeurs, surfeurs, cyclistes ou encore biathlètes ont tous posé dans le plus simple appareil.

Parfois provocant (on se souviendra qu’en 2008, le photographe Steven Klein avait un peu trop joué avec les codes de l’esthétisme gay en montrant des Dieux du Stade enchaînés dans des positions ambiguës), ces objets assez singuliers sont toutefois souvent réalisés avec des visées caritatives, comme celui de l’Old Club* (hockey), qui en est à sa cinquième édition, ou celui des surfeurs français, publié en 2006.

En ces temps de marasme économique, qui complique la (sur-) vie de la plupart des clubs, une telle initiative peut également permettre de renflouer les caisses (XV de Perpignan) ou financer certains projets, telle la participation au tournoi international de Barcelone (Boitsfort).

Oubliés les survêtements trop larges, les coupes de cheveux audacieuses ou le front ruisselant : sous la direction de photographes majoritairement professionnels, les sportif (-ve) s trustent les sommets de l’élégance… ou se paient une bonne tranche de rigolade, au minimum.

Réactions, explications et illustrations de cette tendance du calendrier sportif sexy, ou quand le sport tombe le haut… et le reste. Rien que pour vos yeux. (Plus d’infos : www.calendrierhockey.be )


"Les sportives peuvent aussi être glamours"


La photographe belge Jessica Bascelli est spécialisée dans la photo traditionnelle. C’est pourtant devant son objectif que les volleyeuses de Romedenne ont pris la pose pour illustrer leur calendrier sexy 2014.

Comment êtes-vous arrivée dans un tel projet ?

"J’avais rencontré une des joueuses (Gwenn Bauduin) en la photographiant dans le cadre privé. Lorsque la photographe initialement prévue pour réaliser le calendrier les a laissées en plan, elle a pensé à moi."

Vous êtes-vous imposée certaines limites ?

"Oui, je voulais vraiment garder un souci esthétique sans tomber dans le vulgaire. À part sur la photo de groupe (voir ci-dessous), elles ne sont d’ailleurs jamais entièrement dévêtues."

Ont-elles toutes facilement participé ?

"Certaines étaient plus pudiques que d’autres, mais c’est un groupe très soudé et le mouvement s’est rapidement propagé. De plus, elles étaient contentes des photos, sur lesquelles elles se trouvaient belles."

Quel était l’objectif d’une telle séance ?

"Montrer que les sportives aussi peuvent être glamours, coquettes. Un peu à l’image de Maria Sharapova et de Serena Williams."

Les mœurs actuelles sont-elles plus décomplexées en ce qui concerne le nu ?

"Les mentalités ont évolué mais pas assez et je voulais profiter de cette expérience pour briser les nombreux a priori persistants relatifs à la nudité féminine. Un homme nu sera toujours considéré comme sexy , alors qu’une femme sera plus rapidement jugée, pointée du doigt. Ce serait sympa que le regard général sur la femme change définitivement."