Pourquoi de nombreux étudiants n'ont pas recours aux aides du CPAS auxquelles ils ont droit

Plusieurs facteurs entrent en jeu.

rédaction avec belga
Pourquoi de nombreux étudiants n'ont pas recours aux aides du CPAS auxquelles ils ont droit
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Lors d'une conférence de presse, organisée jeudi dernier, la Street Law Clinic a présenté son guide social à destination des étudiantes et étudiants. Cette organisation, composée de professeurs et étudiants qui agissent pour le droit social auprès des étudiants de l'ULB, a constaté que de nombreux étudiants n'ont pas recours aux aides du CPAS auxquelles ils ont droit.

Selon la Street Law Clinic, ce non-recours est dû à un manque de connaissances des droits, à un découragement face aux difficultés pour les obtenir mais aussi à des refus de la part des CPAS qui n'agissent pas tous de la même manière en fonction de la commune.

Certains CPAS développent même des pratiques illégales, comme "demander deux, trois, voire six mois d'extraits de compte alors qu'ils doivent évaluer les besoins de l'étudiant le jour de la demande, et donc ne demander que l'extrait de compte correspondant au jour de cette demande". La RTBF partage également d'autres pratiques illégales des CPAS, comme systématiquement demander au jeune de se faire aider par ses parents, sans regarder si cela ne va pas engendrer d'autres problèmes. Enfin, certains CPAS suspendent le revenu d'intégration des étudiants s'ils ratent une année "alors que des tribunaux estiment qu'ils ont le droit à une seconde chance."

Les professeurs Daniel Dumont et Sophie Gérard ont soulevé l'hypothèse que le mode de financement des CPAS pèserait sur les processus décisionnels au sein des centres en se basant sur l'historique du financement de ses aides et de leur structure. Des jeunes de la clinique étudiante ont par ailleurs interpellé sur la persistance et l'accroissement de la précarité étudiante. Elles ont conclu leur discours en émettant des revendications.

Karine Lalieux a répondu en appelant à une harmonisation plus qu'une homogénéisation entre les CPAS. Daniel Dumont n'a pas manqué de lui rappeler que cette solution de l'harmonisation "est défendue depuis longtemps par les pouvoirs publics" sans qu'on en voie de claires propositions.

Quant à la ministre Glatigny, elle n'a pas donné de solutions à long terme mais a rappelé l'effort de refinancement pour l'enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles avec 50 millions d'euros supplémentaires en 2022. Elle a aussi mis en avant la communication auprès des étudiants pour résoudre au non-recours aux aides. Le guide social de la Street Law Clinic "est un modèle important pour cette communication à avoir" a souligné la ministre.

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