La cellule anti-blanchiment belge s'attend à ce que des organisations criminelles abusent de la crise en Belgique pour blanchir de l'argent sale. 

La cellule a déjà averti les banques, agents de change et les autres secteurs devant déclarer toute transaction suspecte à la cellule anti-blanchiment. "Nous mettons en garde contre les conséquences possibles à moyen terme sur la base de l'analyse de nos dossiers, de sources ouvertes et d'études menées par plusieurs services et organisations partenaires nationaux et internationaux", explique Kris Meskens, porte-parole de la cellule anti-blanchiment. "Notre postulat de base, c'est que les entreprises en difficulté financière et/ou économique sont davantage susceptibles d'accepter de l'argent sale. Cela peut se faire via toutes sortes de techniques de blanchiment, qu'il s'agisse du système bancaire classique, de financement participatif ou d'autres nouvelles méthodes "virtuelles" permettant de lever des fonds".

"Les entreprises fragilisées par la crise peuvent être utilisées pour blanchir les revenus de différentes formes de criminalité via le mécanisme dit "de compensation", prévient la cellule anti-blanchiment. "Il s'agit d'une technique de blanchiment qui permet aux criminels de transférer un surplus de cash provenant d'activités criminelles - comme le trafic de drogue - vers des entreprises ayant besoin d'argent noir, entre autres pour payer du personnel non déclaré. Le cash qui passe de la main à la main est compensé par des virements bancaires, souvent vers l'étranger, et couvert par de fausses factures".

C'est surtout l'argent de la drogue qui menace de se retrouver dans notre économie régulière.