Après les médailles touristiques, ou jetons souvenirs, un nouveau gadget gagne en notoriété.

C’est en avril 2015 que Richard Faille lance d’abord en France puis en Allemagne le nouveau concept de billets "Euro souvenir" d’une valeur faciale de 0 euro et souvent mis en vente à 2 euros dans un distributeur automatique installé dans divers musées et autres attractions.

C’est déjà lui qui avait créé le concept des médailles souvenirs en 1996 : la pièce commémorative de votre visite frappée à la sortie d’un musée ou d’un lieu touristique.

Après les pièces, voici désormais les billets.

Constituée au départ d’une collection de 100 billets différents uniquement pour l’Hexagone, avant que le succès de cette fervente collection ne s’exporte principalement en Allemagne, puis en Espagne et en Suisse pour finalement arriver en Belgique tout dernièrement, le nombre de modèles connus dépasse largement le millier de coupures à effigies différentes et souvent très variées.

L’impression de ces billets est surprenante, réalisés par la société Oberthur Fiduciaire (une imprimerie commerciale sise à Chantepie, troisième imprimeur mondial de billets et leader mondial des documents d’identification). Ils n’ont rien à envier aux vraies coupures émises par les banques nationales (drapeau eurosouvenir avec millésime, microtextes empêchant toute reproduction, numérotation unique de chaque billet, symboles en transvision, filigrane transparent, bande métallisée intégrée dans le papier par transfert à chaud avant impression).

Valeur de collection

Certains billets atteignent des cotations assez exceptionnelles : le billet fautif Sarlat vaut 180 €, le Marineland au stock inondé 50 €, celui de l’Arc de Triomphe 200 € et celui du stade de Duisbourg dépasse largement la cotation de 900 € pour un prix de base de 2 € !!

Et comme pour les timbres, l’on peut acquérir année par année l’ensemble des billets millésimés. Désormais, même de nombreux pays hors de la zone Euro s’intéressent à ce phénomène et en réalisent pour leurs monuments.

En Belgique, les billets de 0 euro commencent à peine leur carrière. On recense déjà vingt billets différents dont entre autres au verso à l’effigie de Brueghel, Spirou, Thorgal, Mini Europe, Gand, Sax, la Citadelle de Dinant, Bouillon, Expo 58, l’Atomium qui sont déjà vendus sur internet à 7 €.

A Bruxelles, un distributeur automatique est installé à la sortie de la Galerie Agora, rue de la Colline, pour 2 € vous serez propriétaire d’un très beau billet de 0 € à l’effigie du plus célèbre gamin de Bruxelles : Manneken Pis.

Les numismates sont dépassés par les billetophiles avec des pages sociales sur les nouvelles sorties, des catalogues illustrés de tous les billets émis, des sites d’échange.

Même les plus grands magasins de philatélistes se mettent à les proposer à la vente car leur variété dépasse de loin les seuls six modèles des vrais billets de la zone Euro.

La contestation est impossible : 0 € est et reste 0 €, mais c’est pourtant un petit cadeau sympathique, un gag, un clin d’oeil ou une petite surprise pour marquer le coup et faire mentir le proverbe selon lequel avec 0 € t’as plus rien !