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Fortis lance un premier produit qui répond aux exigences de la loi religieuse

BRUXELLES Fortis est devenu l'un des premiers acteurs bancaires d'importance en Belgique à avoir lancé une Sicav qui répond à la sharia, c'est-à-dire la loi islamique. Cette action - une Société d'investissement à capital variable - est accessible aux petits comme aux gros investisseurs depuis le 21 décembre. La clôture des souscriptions est fixée au 31 janvier 2008.

La Fortis B Fix 2008 Islamic Index 1 est une sicav qui a pour but de réconcilier la population musulmane avec le monde des affaires. En islam, l'intérêt prélevé ou acquis sur une somme d'argent est interdit. Mais il faut savoir également qu'investir de l'argent pour un musulman ne doit pas se faire au détriment de ses convictions. Dès lors, cette sicav se calque sur le Halal Stock market index.

Il s'agit d'un index qui reprend les actions de 100 multinationales sélectionnées par le Dow Jones (bourse de New York) sur base de critères liés à leurs secteurs d'activité. Comme le mentionne la brochure d'explication de Fortis, sont exclues de l'index "les compagnies actives dans le secteur de la vente d'alcool, de tabac, de porcs, de services financiers, de la défense, du divertissement"...

Du côté de Fortis Belgium, on se refuse encore à émettre un quelconque bilan. "Il est trop tôt pour s'exprimer, indique Vincent Vanwijnsberghe, porte-parole de Fortis qui ajoute que cette Sicav est une réponse à une demande. Il s'agit d'une première expérience de ce type. Nous verrons si le succès est là, au terme de la période de souscription."

Fortis a d'ailleurs décidé de cibler la communauté musulmane belge là où elle se trouve. Si aucune campagne de communication à vaste échelle ne sera menée, des actions locales sont prévues dans 79 des 1.200 agences que compte le groupe, 79 agences situées dans des quartiers à forte densité de population musulmane (Bruxelles, Anvers, Gand, région du centre...).

Cette Sicav est une première à destination des musulmans de notre pays et pourrait, en cas de retours positifs, ouvrir la voie au fameux prêt hypothécaire islamique, c'est-à-dire où les intérêts ne sont plus considérés des charges sur l'emprunt mais comme des frais. Une manière de contourner la sharia.

À noter enfin que la Sicav est plutôt de type défensif. Outre la mise de départ, elle permet des gains pouvant aller jusqu'à 60 % du capital investi.



© La Dernière Heure 2008