"La sécurité routière en Belgique est mal gérée" selon un sondage

L’ASBL Mauto Défense, qui entend défendre les droits des motards et automobilistes, a invité les Belges à partager leur avis sur la sécurité routière dans notre pays. Il en ressort que près de 9 sondés sur 10 l’estiment mal gérée, et avancent des pistes de réflexion.

Nicolas Morlet
"La sécurité routière en Belgique est mal gérée" selon un sondage
©Shutterstock

Ce sondage, mené sur un échantillon de 956 personnes entre le 25 juillet et le 15 septembre dernier, visait à mieux connaitre l’intérêt porté par les citoyens à la sécurité routière, aux facteurs qui contribuent à la détériorer ou à l’améliorer, aux causes des accidents de la route et aux moyens d’y remédier.

Le résultat est éloquent : 86,6% des interrogés estiment la sécurité routière "mal gérée", et 87,4% estiment qu'il y a trop d'organismes différents "qui manquent de coordination et donc créent des incohérences qui mettent les usagers en danger et en porte-à-faux". Une proportion quasi-similaire (83,7%) juge les mesures prises par les gouvernants "infantilisantes" et "inéquitables et partiales" (79,4%). Ces chiffres illustreraient une discrimination des motards et automobilistes par rapport aux cyclistes dont "un sur trois avoue ne pas respecter le code de la route, ou très peu"souligne l'asbl dans son communiqué.

Dangereuse, la ville ?

D'une manière générale, c'est sur autoroute que le sentiment de sécurité au volant est le plus élevé, jugé bon ou très bon par 78% des sondés. A l'inverse, le réseau urbain bruxellois est le plus anxiogène, avec un sentiment de sécurité de 31,7% seulement. Les raisons invoquées sont nombreuses : "variations fréquentes et souvent peu prévisibles des vitesses limites, nombreux passages pour piétons, casse-vitesse surprenants, ballet incontrôlé et dangereux des cyclistes, incohérences dans l'organisation et la répartition des voies cyclables, signaux contradictoires ou manque d'information".

L’alcool et les infrastructures en cause

Au niveau des causes des accidents de la route, la conduite sous imprégnation alcoolique ou l’effet de drogues est pointé comme principal responsable, devant l’inattention causée par "la surinformation, la perturbation de l’attention par des événements inattendus ou des conditions de circulation surprenantes, des panneaux indicateurs surchargés, mal placés, aux caractères trop petits qui captent trop longtemps l’attention au détriment de la route entrainant des erreurs humaines conduisant à l’accident". Arrive ensuite " l’incohérence de l’infrastructure routière". 89,5% estiment également les limitations de vitesse mal adaptées aux situations existantes.

Pistes d’amélioration

Parmi les pistes évoquées pour améliorer la sécurité routière en Belgique, on trouve donc sans surprise l'amélioration de l'état des routes (97,8%) et des infrastructures routières (96,5%) en tête. Plus de 9 personnes sur 10 (91,7%) pensent que la formation est un facteur important pour renforcer la sécurité "mais pas n'importe laquelle. Les auto-écoles classiques ont pour mission la mémorisation du code de la route, et non la maitrise d'une voiture en cas de dérapage, par exemple ! Il y a là, matière à réflexion… ".

Enfin, sans surprise également vu les chiffres ci-dessus, la répression n'aurait qu'une efficacité secondaire sur la sécurité routière "quand on constate le grand nombre de multirécidivistes". 83,2% d'entre eux ne sont d'ailleurs pas d'accord avec le fait qu'elle contribuerait à une amélioration. Mauto Défense rappelant que "Les nombreux dispositifs de contrôle (radars fixe & mobiles, et radars tronçons) constatent à 80% de petits dépassements de vitesse entre 1 et 10 km/h (tolérance déduite). Donc à part rapporter de l'argent au verbalisant, [les radars] ne contribuent pas vraiment à la sécurité routière".

Loin d’être une priorité

Précisons encore que la sécurité routière est loin d’être une priorité pour la majorité des citoyens. Lorsqu’il leur est demandé de classer par ordre de priorité les domaines auxquels le gouvernement devrait s’atteler, "l’amélioration des infrastructures routières" ne ressort qu’en 7ème position, et "l’amélioration de la sécurité routière", en 9ème, loin derrière l’accès aux soins et la sécurité des personnes.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be