Flotte de véhicules 100 % verts en 2026 : une entreprise sur trois affirme qu'elle ne sera pas prête

C’est ce qu’il ressort d’un sondage auprès de 200 entreprises de Belgique par AON et Fleet.

Y. N.
Flotte de véhicules 100 % verts en 2026 : une entreprise sur trois affirme qu'elle ne sera pas prête
©flemal

Au moment de la formation du nouveau gouvernement fédéral en octobre 2020, l’annonce avait eu l’effet d’une bombe : la coalition Vivaldi décidait d’imposer aux sociétés de leasing de ne plus proposer que des véhicules à zéro émission de carbone à partir de 2026. Soit accélérer le verdissement de près de 600.000 véhicules. Pour parvenir à cet objectif, le ministre des Finances Vincent Van Peteghem mettait en place un grand système d’incitants fiscaux : les voitures électriques pourront ainsi être déductibles à 100 % jusqu’en 2026.

Pas suffisant, à en croire un sondage réalisé par AON et Fleet auprès de 200 entreprises de Belgique. Selon ce sondage, plus d’une entreprise sur trois (35,7 %) déclare aujourd’hui que toutes les adaptations nécessaires ne seront pas terminées à temps. Les principaux écueils concernent l’installation de bornes en suffisance, les très longs délais de livraison des véhicules électrique – parfois deux ans !-, ou encore la crainte de leurs travailleurs de ne pas avoir suffisamment d’autonomie.

Par ailleurs, près de sept entreprises sur dix (68,9 %) rencontrent des difficultés d’infrastructure ainsi qu’au niveau des risques supplémentaires de sécurité incendie suscités par l’électrification de leur flotte de véhicules de société. “Nous constatons encore beaucoup d’incertitudes et d’interrogations concernant l’infrastructure (système d’extinction, plan de sécurité incendie ou assurance spéciale) du parc de voitures électriques, confie Al Pijnacker, directeur chez AON. Sept répondants sur dix indiquent qu’aucun des éléments précités n’est en ordre. Quelque 21,9 % disposent d’un plan de sécurité incendie, et seule une minorité déclare avoir souscrit une assurance spéciale pour le système de bornes de recharge. Pourtant, les entreprises ont tout intérêt d’un point de vue fiscal à régler le problème des bornes encore cette année : l’investissement est effectivement déductible actuellement à 200 %.”

Trois entreprises sur dix (33,7 %) ne savent pas non plus qui de l’employeur ou du travailleur supporterait les coûts en cas d’incendie d’une borne de recharge installée par le premier au domicile du second. “Près de neuf employés sur dix (85,2 %) conduisant une voiture électrique n’ont pas reçu d’informations sur la manière de recharger correctement leur véhicule ni sur les risques liés à la recharge via une prise électrique, poursuit Al Pijnacker. Cela nous effraye un peu.”

Enfin, il ressort du sondage que les gestionnaires de flotte semblent trop se désintéresser des coûts liés à la propulsion électrique. “La facture des véhicules rechargés uniquement à des bornes de recharge rapide est souvent plus élevée que la facture de diesel ou d’essence, mais seuls 31,6 % des entreprises sondées essaient de limiter ces frais d’une manière ou d’une autre, bien qu’il s’agisse d’un risque de frais supplémentaires.”

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