Les femmes pensent être de mauvaises conductrices, les chiffrent montrent le contraire

Une étude menée par HAL Open Science s’est penchée sur les stéréotypes associés au genre en matière de conduite automobile auprès d’adolescents français. Il en ressort que les jeunes femmes pensent être mauvaises conductrices, alors même que les chiffres montrent le contraire.

Nicolas Morlet
Leichtfüßige Fahrt: Mercedes-Benz Werbemotiv mit einem Typ 300 SEL 3.5 (1969 bis 1972). 

Fleet of foot: Mercedes-Benz advertising motif showing a 300 SEL 3.5 model (1969 to 1972).
Femme au volant... aucun danger au tournant ! ©© Daimler AG

Les deux autrices de cette étude ont posé une question ouverte à 599 ados et pré-ados (303 garçons et 296 filles) de 10 à 16 ans sur les caractéristiques qu’ils associent spontanément aux conducteurs et aux conductrices. Répartis en deux groupes égaux et mixtes, il a été demandé au premier d’écrire les phrases et expressions régulièrement entendues et ce qu’ils imaginent concernant les femmes au volant. Le second répondant à la même question concernant la gente masculine.

Les stéréotypes ont la vie dure

Il en ressort que le conducteur masculin est jugé "bon, habile, impliqué dans une activité conforme aux attentes sociales tout en étant imprudent et en commettant des infractions au code de la route". Concernant les conductrices, les résultats montrent qu'elles sont perçues comme "prudentes, respectant les règles et ayant peu d'accidents" mais aussi "moins actives, plus hésitantes et ayant moins de compétences de conduite".

Les garçons attribuent moins de caractéristiques négatives aux conducteurs masculins que les filles, mais ces dernières n'attribuent pas moins de caractéristiques négatives aux conductrices que les garçons. En outre, les filles, plus que les garçons, perçoivent les conductrices comme prudentes. Enfin, les stéréotypes de genre associés aux conductrices sont renforcés avec l'âge alors que ceux associés aux conducteurs masculins ne semblent pas varier au cours de l'adolescence.

Et dans les faits ?

Cette perception est toutefois en opposition totale avec les données d’accidentologie. Selon les chiffres cités dans l’étude, les hommes représentent 70 à 80% des décès dans un accident de la route chez les 15-59 ans en France. Et dans les pays occidentaux en général, les conducteurs masculins ont 2 à 3 fois plus de chances de mourir dans un accident de la route que les femmes. Pourquoi ? Parce que "les hommes montrent un niveau plus faible de motivation normative à se conformer au code de la route".

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