Il s'appelait Karl Abarth et était né en Autriche, mais lorsqu'il s'installa dans les environs de Turin, un peu près la seconde Guerre Mondiale, il adopta définitivement le prénom de Carlo, nettement plus transalpin.

A l'âge de 41 ans, ce passionné d'automobile décidait de fonder la société Abarth & C.SpA, directement à proximité des usines Fiat et Lancia, avec lesquelles il allait très vite entammer une collaboration en tant que préparateur de voitures pour la compétition. C'était le début d'une saga qui dure encore aujourd'hui.

Septante ans plus tard, donc, la firme avait décidé de fêter cet anniversaire en grandes pompes, à Milan, avec, notammentn des essais pour la presse spécialisée de modèles d'anthologie, essentiellement vus en rallye, comme la Fiat Abarth 124 ou la Fiat Abarth 131 Mirafiori au volant de laquelle s'illustra un certain Marku Alen, en remportant notamment le Rallye des Mille lacs, le Portugal, le Sanremo, le Tour de Corse, le RAC ou l'Acropole.

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Pour l'occasion, Abarth a également sorti un modèle collector de sa 695 (appelée 695 70e Aniversario), son modèle le plus puissant. Il n'en existe que 1949 exemplaires et on se les arrache déjà. En Belgique, elle est vendue à 33.990 € (32 866 € au Luxembourg), mais on nous prévient que les amateurs-collectionneurs devront se dépêcher s'il veulent être parmi les heureux élus propriétaires de cette petite bombe.

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Cette 695 est pour le moins impressionnante, notamment par son becquet arrière, dit« Spoiler ad Assetto Variabile » , qui peut être réglé sur 12 positions, avec une inclinaison de 0° à 60°. L’angle maximal de 60° permet au becquet d’augmenter la charge aérodynamique jusqu’à 42 kg à une vitesse de 200 km/h. 

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La voiture est équipée du bloc le plus puissant de la gamme, le moteur turbo 1,4 litre qui délivre une puissance de 180 ch et un couple de 250 Nm à 3000 t/min, pour une vitesse de pointe de 225 km/h (becquet réglé à un angle de 0°) et une accélération de 0 à 100 km/h de seulement 6,7 secondes. 

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Marku Alen était présent pour l'occasion. Il nous a confié qu'être présent à cet anniversaire le "ramenait à 30-40-50 ans en arrière. J'ai connu une période formidable,chez Fiat et Lancia,  disait-il encore. Et j'en conserve des souvenirs inoubliables. C'était une autre époque. On était tout le temps sur la brèche, on faisait corps avec l'équipe, on dormait maximum 3 ou 4 heures par nuit. Rien à voir avec les pilotes d'aujourd'hui qui vivent comme des fonctionnaires, se lèvent à 8 heures et terminent à 18h. Mais c'est ce qu'on leur demande: piloter et puis c'est tout."

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Voilà qui fera plaisir aux pilotes d'aujourd'hui... même s'il est impossible de comparer les deux époques alors que l'on vit dans un monde qui va toujours plus vite, et les voitures aussi...