Le système de bonus-malus français a été créé pour favoriser la transition vers des véhicules plus propres à l’usage. Ainsi, les acheteurs de voitures électriques et hybrides rechargeables se voient octroyer des primes d’un montant généreux, allégeant quelque peu la facture toujours un peu lourde de ces véhicules. A l’inverse, les véhicules les plus émetteurs de gaz à effets de serre sont frappés d’un malus, taxe additionnelle calculée en fonction du taux de CO2 comme nous la connaissons en Wallonie.

Sauf que si chez nous, celui-ci s’applique à partir de 148 gr, et avec un maximum de 2.500€ pour les véhicules rejetant plus de 255 gr/km ; le tableau français est bien plus strict : pour 2020, le seuil est fixé à 138 gr/km avec un montant de 50€, et s’envole à… 20.000€ dès 212 gr/km !

Des barèmes que les autorités françaises ont décidé de revoir encore à la hausse pour les deux prochaines années. Dès janvier prochain, le seuil d’application du malus sera abaissé à 131 gr/km, les 20.000 euros seront donc atteints à 206 gr/km, tandis que le malus maximal passera à… 40.000€ pour les véhicules homologués à plus de 252 gr/km ! Et d’ici deux ans, il est question d’un malus dès 123 gr/km et d’un plafond de 50.000€.

La fin des « grosses cylindrées » ?

Pareils chiffres ont de quoi donner le tournis, rendant de facto certains voitures invendables dans l’Hexagone puisque doublant pratiquement leur prix de vente de départ. Certaines marques ont déjà fait le choix de supprimer de leurs catalogues certains de leurs modèles pour cette raison.

Se dirige-t-on dès lors vers une France où les « grosses » voitures n’existeront plus ? Non car, magie de l’hybride rechargeable, des voitures sportives et de gros SUV puissants sont désormais homologués à des taux de CO2 ridiculement bas. Un Ford Explorer de 457 ch par exemple est crédité de rejets moyens de 71 gr/km ; un BMW X5 de 400 ch affiche 39 gr/km et une Polestar 1 de 600 ch, 26 gr/km seulement ! Sur le papier en tout cas…

L’avenir de l’automobile en France se dessine donc clairement sous le signe de l’électricité.