En juin dernier, alors que l'activité reprenait un rythme à peu près normal après des semaines de confinement, le Salon de Bruxelles 2021 figurait encore en bonne place sur la "To Do List" de la FEBIAC et des acteurs belges du secteur automobile. Puis arriva la seconde vague(lette) durant l'été, qui a replongé tout ce petit monde dans l'incertitude.

A l'heure qu'il est, personne ne sait comment évoluera la pandémie dans les mois à venir, et surtout où elle en sera en janvier prochain, lorsque le Salon de l'Auto de Bruxelles doit en principe ouvrir ses portes. Or le temps presse, car un Salon se prépare évidemment des mois à l'avance. Une réunion de la FEBIAC et de ses membres doit se tenir le 22 septembre prochain pour faire le point, mais on imagine déjà qu'il sera délicat, dans le contexte actuel, de s'engager humainement et financièrement pour un évènement qui draine d'ordinaire près de 600.000 personnes en 10 jours, dont 80.000 rien que lors des dimanches les plus intenses. D'autant que le dernier Salon de Genève est dans toutes les mémoires. : tout était prêt, l’ensemble des stand étaient montés, puis tout fut annulé, avec des pertes financières considérables à la clé.

Premier désistement

Face aux doutes, un importateur vient d'annoncer qu'il jetait déjà l'éponge : Hyundai. "Nous sommes en septembre, et rien n'est encore sûr quant à la tenue du Salon, dans l'éventualité où, moyennant quelles restrictions, il se tiendrait", explique Wim Doms, porte-parole de la marque en Belgique. Une annonce qui pourrait faire boule de neige, car Hyundai est une marque qui pèse dans notre pays, et si d'autres grosses marques "locomotives" ne sont plus là pour attirer le public, les petites marques n'auront elles non plus le moindre intérêt à s'engager.

© Febiac

Et pour 2022 ?

Une annulation en 2021 sonnerait-elle le glas de notre Salon ? Difficile à dire. On sait que chez nous, le Salon compte pour beaucoup dans les ventes annuelles, et c'est d'ailleurs cela qui a permis au marché automobile belge de limiter la casse suite à la crise du coronavirus. Mais s'il n'y a pas de Salon de 2021, et que les ventes de voitures affichent une certaine santé, il deviendra difficile de trouver encore une justification aux investissements qu'il demande. Enfin, cet aspect commercial du Salon de Bruxelles pèse aussi dans la balance quant à la décision de l'organiser en 2021 ou pas : un Salon avec un nombre restreint de visiteurs serait-il rentable ?

Bref, la réunion du 22 septembre ressemblera à une partie de poker : le monde automobile belge fera-t-il "All In" ou préférera-t-il se coucher ? Réponse très bientôt.