Eden Hazard n’est manifestement pas le seul à pouvoir et à vouloir s’offrir une Lamborghini Aventador SVJ blanche - les couleurs du Real Madrid - pour un bon demi-million d’euros : la croissance des ventes de ces voitures d’exception ne s’est pas démentie au cours des cinq dernières années.

Le business est donc florissant pour la marque au taureau, un emblème choisi en 1963 par Ferruccio Lamborghini, bien décidé à rivaliser avec le cheval cabré de Ferrari.

Quelques chiffres attestent de la performance de l’entreprise. En 2018, la hausse des ventes a été de 50 %, Lamborghini passant alors pour la première fois le cap des 5 000 véhicules produits sur une année, 5 750 exactement pour un chiffre d’affaires de 1,415 milliard d’euros. Pour faire face à cette demande accrue, le constructeur a dû embaucher 70 % de personnel en plus en cinq ans, à près de 1 800 actuellement.

Sur les talons de Ferrari

Le constructeur poursuivait sur sa lancée douze mois plus tard, avec cette fois une augmentation des ventes de 43 % à 8 205 unités. De quoi désormais commencer à talonner Ferrari, dont la croissance est bien plus modeste (+9,5 % en 2019) pour un total ayant dépassé le cap des 10 000 véhicules, à 10 131.

Les ventes en Belgique suivent la tendance : 33 Lamborghini ont été immatriculées en 2019, soit une hausse de 50 % sur un an. Même progression sur le premier semestre : 21 véhicules ont pris la route, contre 14 pour la même période de l’an dernier.

Comment expliquer cette progression des ventes de Lamborghini ? Un nom suffit : Urus. La marque au taureau a en effet pris un virage serré voilà deux ans, s’émancipant du seul créneau des voitures sportives pour investir le segment manifestement porteur du SUV.

Arrivé sur le marché dans le courant de l’année 2018, le modèle Urus a directement fait un tabac. L’an dernier, pas moins de 4 962 Urus ont trouvé preneur au niveau mondial, soit 61 % du total des ventes. En 2010, Lamborghini avait vendu en tout et pour tout 1 302 véhicules.

Trois millions d’euros pour un Roadster

Si le constructeur a sorti un véhicule "grand public" de sa manche avec Urus - à partir de 212 416 euros quand même, NdlR -, il joue aussi la carte de l’exclusif. L’an dernier, Lamborghini a proposé la Sian FKP 37, un coupé en édition spéciale limité à 63 exemplaires. En 2020, c’est la Sian Roadster qui a été fabriquée à 19 exemplaires, "tous vendus". Le prix est estimé entre deux et trois millions d’euros.

L’exclusivité est aussi réservée à l’Aventator SVJ, mais sur une échelle différente avec cette fois un peu moins de 900 exemplaires et des prix plus abordables. Ces trois lettres, SVJ, font toute la différence : il s’agit d’un modèle d’exception dans une gamme d’exception.

Si le Diable rouge peut l’utiliser sur la route, il devra toutefois ronger son frein sur les routes madrilènes : ses 770 chevaux permettent d’atteindre les 100 km/h en 2,8 secondes avec une vitesse de pointe de 350 km/h. Le joueur madrilène Karim Benzema s’est lui offert une Bugatti Chiron de 1 500 chevaux pouvant pousser jusqu’à 420 kilomètres/heure.

Bien entendu, la crise du coronavirus va ralentir la progression, l’usine ayant été fermée pendant plusieurs mois. Elle n’en avait pas moins débuté l’année sur les chapeaux de roues, évoquant des "résultats très positifs" sur l’ensemble du 1er trimestre en dépit des premières incursions de la pandémie sur ses performances.