La fatigue au volant cause plus de 300 000 morts sur les routes chaque année dans le monde. En finir avec ce type de mortalité, c’est le principal objectif de la start-up française CoreForTech, basée à Lille. Cette société a développé cet été un petit bijou technologique : un logiciel relié à des capteurs situés à l’intérieur d’une montre-bracelet. Lorsque le conducteur la met à son poignet, les capteurs détectent alors ses battements cardiaques et envoient ensuite les données à une application.

Si le conducteur est en train de somnoler, une alarme se déclenche et une voix prévient le conducteur. "Vous entrez dans une période de fatigue." La personne au volant est alors incitée à s’arrêter et à prendre une pause. L’entreprise novatrice a mis au point ce projet avec l’aide d’une équipe du CHU de Lille spécialisée dans la lecture des mouvements du cœur. "Durant ces vingt dernières années, nous avons développé une technologie permettant d’analyser finement le système nerveux autonome en fonction des battements cardiaques. Devenue une référence pour les anesthésistes aujourd’hui, elle sert à mesurer et gérer la douleur chez les patients endormis en bloc opératoire. Mais avec ce nouveau système que crée Core, on sort de l’usage hospitalier pour prédire la fatigue au volant. Les résultats des tests en laboratoires sont très prometteurs", félicite le chargé de recherche de l’hôpital lillois, Julien de Jonckheere. Plusieurs systèmes intégrés à des voitures existent déjà mais n’agissent que selon le comportement du conducteur : écarts sur la route, paupières qui se ferment, etc.

"Mais ces signes visibles de fatigue sont très tardifs et nécessitent une pause bien avant. Notre solution permet d’agir 10-15 voire 20 minutes plus tôt", assure Nicolas Vera, le fondateur de CoreForTech. L’application est gratuite sur Apple Store et Google Play mais un abonnement de 9,99 euros par mois est nécessaire, en plus des 2 euros de location pour le bracelet ou la montre. Pour le moment, le logiciel est testé par des chauffeurs routiers du nord de la France. Mais l’objectif de la start-up est d’intégrer le système dans un maximum de véhicules à l’avenir.