Auto-moto

Malgré l'intensification de la traque aux autos polluantes et de la prise de conscience collective de l'urgence climatique, on n'a jamais enregistré autant de nouvelles immatriculations qu'en 2018. Seul le cru 2011, marqué par la fin des primes sur les diesel peu polluants, a fait mieux...

Alors que la chasse à l'automobile (essentiellement la traque aux Diesel qui ne sont plus de prime jeunesse) n'a jamais été aussi intense, et que la vague verte a déferlé sur tout le pays lors des dernières élections communales, alors, enfin, que plus de 75.000 personnes ont marché pour dire l'urgence climatique à Bruxelles le 2 décembre dernier, comment les ventes de voitures se sont-elles comportées en 2018, en Belgique ? Parfaitement bien, Madame la Marquise !

Plus de 1.500 voitures neuves immatriculées par jour

549.632 voitures neuves ont ainsi été immatriculés du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2018, apprend La DH. C'est 0,56% de plus que les 546.558 autos neuves immatriculées en 2017. Autrement dit : 2018 est l'année où il s'est écoulé le plus de voitures neuves en Belgique, à l'exception du millésime 2011, notoirement à part : fin 2011 marquait la fin de la fameuse prime octroyée à l'achat de véhicules équipés d'un bloc diesel rejetant peu de CO2, qui n'avait pas manqué de provoquer un rush sur les autos alimentées au mazout...

"Avec près de 550.000 voitures neuves immatriculées dans notre pays, l’année 2018 peut être qualifiée de dynamique et d’exceptionnelle pour l’industrie automobile en Belgique", commente la FEBIAC. "Pour la quatrième année consécutive, le marché belge de l’automobile neuve se referme donc sur un résultat en progression".

A noter toutefois : le mauvais dernier trimestre réalisé par l'industrie (-17% !), plombé, notamment, par la douloureuse mise en place de la norme WLTP, qui a eu pour effet indésirable d'entraîner la paralysie de certaines productions...

Une belle année pour les conducteurs de deux-roues motorisés

"2018 fut également profitable pour les importateurs de véhicules utilitaires, un segment dont les immatriculations sont généralement révélatrices de la santé économique du pays. On note ainsi une progression de 2% pour les immatriculations de véhicules utilitaires légers avec 77.936 modèles inscrits, une amélioration de 16,2% pour les immatriculations de véhicules utilitaires lourds jusqu’à 16 tonnes, et une hausse de 9% des immatriculations de véhicules utilitaires lourds de plus de 16 tonnes", note encore la FEBIAC.

Du côté des deux-roues motorisés, 2018 se referme en beauté avec une hausse de 11% des immatriculations annuelles. En tout, 24.704 motos et scooters neufs ont été introduits sur les routes nationales durant l’année écoulée.

6 Essence pour 3,5 Diesel

L'intérêt marqué des automobilistes belges pour l'achat d'un véhicule neuf n'est pas nécessairement incompatible avec l'écologie : "en 2018, de nombreux automobilistes ont choisi de remplacer leur voiture par un véhicule neuf, probablement en partie motivés par le désir d’opter pour une voiture plus propre."

Enfin, 2018, c'était attendu, a aussi vu la dédiesélisation se poursuivre : de 46% fin 2017, la part de marché du diesel en Belgique n’a plus représenté que 35% en 2018. Un recul qui a, avant tout, profité aux motorisations essence, dont la part de marché est passée de 48% fin 2017 à plus de 58% sur l’ensemble de l’exercice 2018. On vend donc un peu mois de 6 voitures à essence pour 3,5 voitures au diesel dans notre pays. Une tendance que 2019, qui pourrait s'avérer plus compliquée pour le secteur automobile, ne devrait faire que confirmer...