Auto-moto En 2018, l'usine Seat de Barcelone a consommé l'équivalent de 470 piscines olympiques, c'est beaucoup mais c'est 156 de moins qu'en 2010!


L'eau, c'est de l'or bleu! On en consomme tous les jours bien trop dans nos pays dits civilisés, même si la conscience de devoir l'économiser grandit un peu plus chaque jour. Mais si la sensibilisation par rapport au gaspillage d’eau a gagné du terrain dans les maisons, qu’en est-il du monde industriel ?

La marque Seat, pour son usine de Martorell, près de Barcelone, a osé pour nous la transparence, en communiquant des chiffres que bien peu osent divulguer. Car la consommation d'eau dans l'industrie est énorme. Le fabricant espagnol en est conscient et fournit de gros efforts pour la restreindre.

Ainsi, La consommation d’eau dans l’usine de Martorell s’élevait à environ 1 170 000 m³ en 2018, l’équivalent de 470 piscines olympiques. Toutefois, ce chiffre a diminué au cours des 8 dernières années grâce aux programmes environnementaux de l’entreprise. L’analyse de la consommation par voiture révèle une nette amélioration : de 3,54 m³ en 2010 à 2,46 m³ l’année dernière ; près de 31 % de moins.

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L’atelier de peinture est, par essence, l’infrastructure qui consomme le plus d’eau, près de la moitié du total. Les traitements de surface des châssis, les cabines de nettoyage à l’eau avant la peinture et les dernières applications de peinture sur les voitures sont les étapes qui requièrent les plus grandes quantités d’eau. Cependant, ce sont précisément ces aspects qui ont connu une diminution de la consommation. Quand la peinture est pulvérisée sur les voitures, la petite quantité qui se retrouve à côté tombe dans une cuve de traitement.

"Nous ajoutons les produits nécessaires pour séparer la peinture de l’eau, et une fois que tout cela est propre, le liquide revient dans le processus via un circuit entièrement fermé", explique Joan Carles Casas, l'un des responsables ingénierie de l’usine.

Une pluie de mousson!

Une autre étape qui génère une consommation élevée est le test de pluie qui sert à contrôler l’étanchéité des véhicules en déversant sur les voitures 150 litres par mètre carré pendant six minutes. Ce processus implique également le recours à un circuit fermé. "Nous récoltons et amenons toute l’eau utilisée vers un circuit de purification et la réinsérons ensuite dans le processus afin qu’elle soit réutilisée, ", précise Joan Carles Casas.

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L’avenir, c’est maintenant

Des progrès ont certes été accomplis  mais le chemin reste encore long. Afin de réduire considérablement les incidences sur le cycle de l’eau, de nouveaux processus plus efficaces sont nécessaires pour diminuer la quantité d’eau consommée, la recycler et pouvoir la réutiliser avant de la renvoyer dans l’écosystème dans un état optimal. L’objectif final à Martorell est de réduire la consommation de 38 % d’ici 2025.

À cet effet, plusieurs projets ont été mis en œuvre, tels que la récupération du condensat des vapeurs d’eau dans les systèmes de climatisation ou le contrôle des systèmes de refroidissement. En outre, des systèmes de prévision des conditions météorologiques sont mis en place afin de programmer l’arrosage des espaces verts. Qui plus est, des essais pilotes sont menés en matière d’électrocoagulation, d’ultrafiltration et de systèmes d’osmose inverse afin de recycler une très grande quantité d’eaux usées.

"La numérisation et les nouvelles technologies nous aident à réaliser d’énormes progrès dans notre recherche d’un modèle d’économie circulaire avec plus de recyclage et moins d’émissions. Cependant, ce sont avant tout la prise de conscience et la proactivité de nos équipes sur le terrain qui nous permettront certainement d’atteindre nos objectifs", conclut Joan Carles Casas.

Il faut espérer que chaque secteur de l'industrie, automobile ou autre, agit à son niveau. En cette journée mondiale de l'eau, il est toujours bon de le rappeler...