Si les voitures modernes sont présentées comme bien plus respectueuses de l’environnement que leurs ainées, il y a toutefois un point primordial à prendre en compte : la manière dont elles sont entretenues. En effet, une voiture d’une quinzaine d’années répondant aux normes Euro 4 mais parfaitement entretenue sera moins émettrice de rejets polluants qu’un véhicule plus récent ne faisant pas l’objet d’un suivi strict. Et même dans ces conditions, une voiture usagée perdra, avec le temps, une partie de son efficacité résultant d’une moins bonne combustion, ce qui augmente les rejets polluants.

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Fort de ce constat, Traxio (la Fédération des professionnels de l’automobile) promeut l’Eco-Entretien. Ce processus se base sur un diagnostic "fruit de 20 années de recherches et de centaines de milliers de véhicules testés permet d’obtenir une vision claire et précise de l’état de la combustion du moteur". Baptisé Ecodiag, il fournirait un degré d’information "Largement supérieur aux informations fournies par le système embarqué dans le véhicule OBD et même largement supérieur au niveau de précision des analyses effectuées par le contrôle technique" à propos de 5 gaz contenus dans les rejets d’échappements : Oxyde de carbone, Oxyde d’azote, Oxygène, Dioxide de carbone et Hydroxyde de carbone.

En moins de 4 minutes, l’Ecodiag établit un rapport qui identifie un éventuel problème de niveau des rejets de ces gaz, et peut immédiatement désigner le(s) composant(s) responsable(s) du problème parmi l’admission, les injecteurs, la vanne EGR, le turbo, l’échappement ou le circuit d’huile. Le rapport indique alors un si entretien via un nettoyage adapté est préconisé ou si le remplacement de l’une ou l’autre pièce est nécessaire.

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200 points de diagnostic

Seuls les professionnels labellisés Eco-Entretien, peuvent établir ce diagnostic et pratiquer les interventions nécessaires. Ce label s’obtient au terme d’une formation de deux jours prodiguée par Educam, le centre de formations spécialisé des métiers de l’automobile, partenaire de Traxio. Aujourd’hui, 20 points de diagnostic Eco-Entretien sont opérationnels. Il s’agit principalement d’enseignes du groupe Auto 5. "Mais nous n’en sommes qu’au début" détaille Filip Rylant, porte-parole de Traxio. "L’objectif est d’atteindre les 200 points Eco-Entretien dans les douze mois. En plus de nos partenaires Doyen Auto (123 Autoservice), Bosch (Bosch Car Service), LKQ (EcoCarRepair), Autodistribution (Garage AD) et le groupe Covalux, nous recevons de nombreuses demandes de concessionnaires et de garagistes indépendants. Mais la mise en place prend un peu de temps, car il faut acquérir le matériel et le logiciel, et suivre la formation".

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Accéder au LEZ ?

A terme, Traxio entend négocier avec les entités concernées pour permettre aux véhicules ayant bénéficié d’un Eco-Entretien d’accéder aux zones à faibles émissions (LEZ), sans être contraints par leur norme Euro. "Les discussions sont toujours en cours. Le gouvernement wallon a fait part de son intérêt et pourrait en tenir compte dans l’instauration de LEZ en Wallonie, mais pour l’heure rien n’est encore décidé. Tout n’est pas encore clair pour certains, qui ne sont pas encore certains de l’impact que peut avoir l’Eco-Entretien" conclut Filip Rylant.