Ce n’est pas un secret : certaines de nos voitures d’occasion, ne correspondant plus aux critères d’achat en Europe connaissent une seconde vie dans les marchés émergeants, en Afrique principalement. Une pratique dangereuse et polluante selon l’ONU qui prône une règlementation plus stricte.

Entre 2015 et 2018, les Etats-Unis, le Japon et l’Union Européenne ont exporté quelque 3 millions de voitures usagées par an. Des voitures principalement destinées au pays en voie de développement pour 70% d’entre elles, l’Afrique mais aussi le Mexique ou le Moyen-Orient. En Europe, Amsterdam, Anvers et Rotterdam sont de véritables plaques tournantes de ce business.

Un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) juge toutes ces voitures exportées trop polluantes et dangereuses. Il en ressort en effet que leur moyenne d’âge est de 18 ans, et qu’elles ne répondent qu’à la norme de dépollution EURO3 pour la plupart d’entre-elles.

Beaucoup ont également fait l’objet "d’adaptations" techniques ou mécaniques pour les rendre capables de fonctionner avec du carburant moins raffiné - donc plus polluant – que celui qu’on trouve dans nos pays industrialisés. Certains systèmes de sécurité (airbags…) sont parfois également manquants, revendus séparément.

La PNUE appelle donc les pays importateurs et exportateurs à définir des normes plus strictes sur ces deux plans. Les deux tiers des 194 états partenaires n’ont en effet qu’une législation très faible en la matière.

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Réalités sociétales

Si cette démarche de l’ONU est louable sur le papier, on peut toutefois difficilement s’imaginer la rendre applicable sur le terrain. Car l’Union Européenne, et les différentes législations et restrictions mises en place par les états membres, poussent ces voitures jugées trop anciennes vers la sortie de route sur le "Vieux Continent". Des voitures dont il est nécessaire de se débarrasser, ce qui ne peut vraisemblablement pas se faire uniquement par le recyclage. D’autre part, si un tel marché existe, c’est aussi en raison des réalités économiques des pays importateurs, dont beaucoup de citoyens n’ont souvent d’autre choix que de se tourner vers ces "guimbardes" pour raison financières.

Et si l’objectif de "verdir" le parc automobile à l’échelon mondial est tout aussi louable, on peut se poser la question de l’impact global d’émissions de CO2 entre une voiture usée jusqu’à la corde, et le fait de changer de voiture plus souvent, avec ce que cela implique à chaque fois comme rejets pour sa fabrication.