Le match de la semaine: Audi TT Roadster vs BMW Z4

Jean-François Christiaens Publié le - Mis à jour le

Auto-moto

Merci BMW! Le petit coup de bistouri apporté au Z4 à l’aube de l’été arrive à point pour servir de prétexte à une nouvelle confrontation avec le roadster signé Audi, le TT. De quoi profiter des (derniers?) beaux jours de l’année en s’offrant une cure de soleil, de vent et même d’odeurs typiques de l’été. Car c’est ça, avant tout, le plaisir de rouler en roadster: humer l’odeur des barbecues en traversant les petits villages, entendre la mécanique gronder en traversant un tunnel et sentir la bise fraichir sur son visage en pénétrant dans un sous-bois.

Histoire de ne pas refiler un coup de vieux aux Z4 déjà sur le marché, les retouches esthétiques apportées à son roadster par BMW restent minimes. La refonte technique, par contre, se veut nettement plus radicale avec la disparition d’anciens gros 6 cylindres au profit de 4 cylindres turbo plus sobres. Soit exactement le même tour de passe-passe qu’avait entrepris Audi en 2010 en remaniant sa TT lancée en 2006 et abandonnant le V6. Dans les deux cas, on retrouve donc aujourd’hui au catalogue un moteur essence d’entrée de gamme tournant autour des 150 ch: sDrive 18i de 156 ch chez BMW et 1.8 TFSI de 160 ch chez Audi.

Bonne nouvelle à l’issue de cette rencontre au parfum estival : les deux mécaniques délivrent assez de sel pour profiter pleinement du plaisir distillé par ces roadsters. Certes, on n’atteint pas les performances supersoniques des déclinaisons haut de gamme délivrant plus de 300 ch proposées tant chez BMW (SDrive 35is de 340 ch) qu’Audi (TT RS Plus de 360 ch). Mais l’agrément reste réel. Chez BMW, il passe par une bande-son particulièrement travaillée donnant quasiment l’impression de commander un gros V8 à l’américaine. 

Chez Audi, la sonorité reste plus sobre (moins artificielle aussi…) mais les montées en régime se veulent nettement plus pétillantes. Il faut dire que malgré sa cylindrée inférieure (1.8l contre 2.0l chez BMW), le bloc Audi délivre un couple plus généreux, peut composer avec une transmission plus courte et doit surtout animer une carrosserie en aluminium nettement plus légère. C’est d’ailleurs cette sensation de légèreté qui caractérise le mieux l’Audi TT.

Dans les enchaînements de virage, elle virevolte comme une ballerine en se plaçant au lever de pied. Pour les amateurs de conduite sportive, il n’y a pas mieux. Le Z4 joue dans un autre registre, plus bourgeois. Moins vif, il se rattrape par un amortissement plus conciliant avec les vertèbres de ses passagers et un habitacle moins spartiate. Ce n’est pas un hasard, d’ailleurs, si le Z4 se coiffe dorénavant d’un toit rigide escamotable et non d’une vulgaire toile comme l’Audi TT. 

Cela dit, si le couvercle en dur rassure plus pour une utilisation quotidienne, il induit tout de même une série d’inconvénients par rapport à l’Audi TT. Déjà, la manœuvre de repli exige un temps légèrement plus long (19 s contre 12 s pour l’Audi) et ne peut s’exécuter que sous 40 km/h (contre 50 km/h pour l’Audi). Mais, hormis pour le puriste ouvrant à la moindre éclaircie, le désagrément reste toutefois mesuré. Côté pratique, par contre, la différence entre les deux philosophies se marque plus clairement. Se repliant en Z sur la plage arrière, la capote de la TT n’empiète jamais sur le volume de coffre. Peu importe la configuration retenue, on dispose ainsi toujours de 250l de chargement et surtout d’une ouverture généreuse.

Les panneaux rigides du toit de la BMW, repliés dans le coffre, limitent quant à eux le volume utilisable à 180l en roadster et encombrent sensiblement l’accès. Dans les deux cas, on conserve toutefois assez de place pour embarquer les valises pour une escapade en amoureux. Finalement, n’est-ce pas là l’essentiel de l’esprit roadster, après-tout ?

Jean-François Christiaens