Révolutionnaire à l’époque où les véhicules 4X4 tenaient plutôt de l’engin utilitaire, le premier Range Rover offrait déjà, il y a plus de 40 ans, tant la possibilité d’aller élégamment à l’opéra que d’aller traquer son fantôme… au bout du monde ! La recette de la 4e génération n’a pas changé. Sauf qu’aujour- d’hui, le raffinement est encore plus incroyable alors que les capacités de franchissement dépassent celles du plus doué des 4X4. Le plus impressionnant réside dans la capacité à conserver un confort de marche inouï, même en évolution tout-terrain. Sans parler de ses cotes de crapahuteur imbattables comme la hauteur de passage de gué de 90 cm ou les 31 cm de débattement de roues !

Même équipé de son pack off-road le rendant à l’aise hors des sentiers balisés, le GL de Mercedes ne peut tenir la comparaison. Cette suprématie du Range Rover en tout-terrain était d’autant plus sensible lors de notre confrontation que l’anglais chaussait des pneus M + S (boue et neige) alors que le GL, plus bling-bling avec son kit sportif AMG, s’en remettait à des pneus sportifs à flanc mince. Cela dit, quand on voit le tarif exigé pour commencer à discuter chez Mercedes (70.000 €) et surtout chez Range Rover (90.000 €), on imagine que les clients ne devraient de toute façon pas envisager une utilisation trop radicale de leur monture.

Plus simplement, on notera donc que la suspension pneumatique du Range Rover conserve un amortissement ouaté, même avec la carrosserie relevée au maximum, alors que le GL secoue alors plus franchement ses occupants. Sans transpirer, le conducteur du Range Rover pourra également affronter les pires difficultés en se reposant sur la nouvelle évolution du Terrain Response. Véritable cerveau, ce module électronique est dorénavant capable de détecter le type de revêtement sur lequel le véhicule évolue (sable, gravier, rocher, neige…) afin d’en adapter les caractéristiques (hauteur des suspensions, gestion de la boîte de vitesses, verrouillage des différentiels…) automatiquement. Se passant des barres antiroulis actives des modèles plus puissants de la gamme, le Range Rover équipé du petit V6 diesel se vautre plus franchement dans les courbes. Au prix d’un amortissement plus ferme, le GL se montre clairement plus dynamique sur la route. C’est également sensible dans la direction plus consistante et moins démultipliée à bord du Mercedes.

Entièrement refondu, le nouveau Range se démarque de son prédécesseur par son poids nettement en baisse. Grâce à sa coque et à sa carrosserie entièrement en aluminium, le 4e Range Rover du nom se rapproche de la barre des 2 tonnes et pèse près de 300 kg de moins que le GL. Du coup, le V6 diesel du tout-terrain anglais semble plus à l’aise pour animer le mastodonte. Mieux insonorisé, il sonne également moins la charge que le V6 allemand lors des accélérations. Dans les deux cas, les performances s’avèrent toutefois déjà largement suffisantes même avec ces motorisations d’accès. Avec des accélérations de 0 à 100 km/h sous les 8 secondes, ces armoires normandes laissent déjà la majorité des voitures classiques sur place…

À bord des deux modèles, on domine clairement la route. Grâce aux dimensions généreuses du Range Rover, les 5 (ou 4 si l’on opte pour les sièges business à l’arrière) passagers trouveront un espace habitable royal. Au prix d’un encombrement encore supérieur (attention en arrivant en ville, il dépasse la barre des 5 mètres !), le GL offre la possibilité d’embarquer confortablement 2 passagers supplémentaires sur des strapontins. Ou, en configuration 5 places, d’engloutir de nombreux bagages supplémentaires. Avec 680 l de coffre, il y a largement de quoi voir venir !