Annulé en mars dernier à quelques heures de son ouverture en raison de la crise du coronavirus, le Salon de l’auto de Genève (GIMS), l’un des principaux salons mondiaux, pourrait ne pas revenir. Sans solution rapide, son organisateur risque la faillite dès cet automne.

L’annulation en dernière minute de l’édition 2020 du Salon de Genève alors que le Covid-19 commençait son expansion en Europe aura été un coup dur pour ses organisateurs, qui ont essuyé plus de 10 millions d’euros de pertes dans l’affaire. GIMS, la fondation qui gère l’organisation du Salon avait déjà prévenu que la tenue de l’édition 2021 était elle-aussi sur la sellette, à cause notamment de la réticence des constructeurs à réinvestir massivement dans les salons automobiles après une année 2020 qui s’annonce particulièrement difficile pour tout le secteur.

En mai, le GIMS avait refusé un prêt consenti par l’Etat de Genève, jugeant les conditions qui l’accompagnaient « contraires aux statuts de la Fondation », laissant cette dernière bien dépourvue. Dans une interview à nos confrères de La Tribune de Genève, Sandro Mesquita, nouveau directeur du GIMS, ne s’est guère montré rassurant : « Sans solution d’ici septembre, nous risquons la liquidation. Nous devrons mettre en vente nos actifs, notamment la marque et les actions de Palexpo SA » a-t-il expliqué sans détours.

Monstre sacré

Une telle issue signifierait la fin pure et simple du Salon de Genève, sous sa forme actuelle du moins. Ce serait alors un monument du microcosme automobile qui disparaitrait ; le GIMS existant depuis 1905 et faisant partie, avec Francfort, Paris, Tokyo et Detroit des cinq salons automobiles mondiaux « historiques ».

A moins qu’un repreneur providentiel ne se présente au moment de la liquidation ? Le malheur des uns fait le bonheur des autres dit-on…