Une étude menée en France met en lumière les habitudes d’utilisation des conducteurs de voiture électrique et d’hybrides rechargeables. Et certains résultats sont pour le moins surprenants !

Enedis, filiale d’EDF chargée de la gestion et de l’aménagement du réseau électrique, et BVA, société spécialisée en traitement de données, ont publié les conclusions de leur étude sur les comportements des conducteurs de voitures électriques en France. Des données qui ne reflètent sans doute pas parfaitement la réalité de notre marché, mais qui permettent néanmoins de dégager des tendances globales qui ne doivent pas être très différentes de ce qui se passe chez nous.

Les VE roulent plus

On y apprend que 80% des possesseurs de véhicule électrique (VE) et 64% des possesseurs de véhicules hybride rechargeable (VHR) possèdent également un véhicule thermique (VT), mais que c’est bien le VE ou le VHR qui est le premier véhicule du ménage ou de la famille. 94% d’entre eux sont utilisés pour les trajets quotidiens. La première surprise, c’est que les VE ont une moyenne kilométrique quotidienne plus élevée que les VT : 43 km alors que la moyenne nationale française est de 29 km. Un chiffre qui corrobore celui relevé chez nous en 2019, où l’on apprenait que les plus gros rouleurs de Belgique conduisaient des voitures électriques.

La recharge : à domicile et pas tous les jours

Au vu de ces chiffres, on comprend pourquoi deux tiers des sondés disent ne recharger leur VE qu’une à deux fois par semaine : pour 57% d’entre-eux, l’autonomie électrique est supérieure à 250 km. Pour les hybrides rechargeables en revanche, à l’autonomie électrique moindre, 67% des conducteurs chargent tous les jours.

De plus, alors que le manque de borne de charge est souvent pointé comme un frein au développement de la voiture électrique, 7 utilisateurs sur 10 ne les utilisent jamais ! Et 67% de ceux qui les utilisent le font uniquement au supermarché. Il est très commode en effet de laisser charger sa voiture pendant ses courses.

Où se fait alors la recharge ? A domicile dans 90% des cas pour ceux qui vivent en maison, et à 47% pour ceux qui vivent en immeuble. Ces derniers sont les plus friands des charges publiques : 33%. La recharge sur le lieu de travail reste également anecdotique : moins de 10% des interrogés déclarent y avoir recours au moins une fois par semaine.

Pas ou peu d’effet sur la facture d’énergie

Alors que la Wallbox domestique, qui permet de charger à plus forte puissance, donc plus rapidement, semble la solution la plus confortable pour recharger sa voiture à domicile, elle ne séduit que 40% des utilisateurs de VE. 58% des sondés (89% chez les conducteurs de VHR) disent charger leur voiture sur une prise domestique traditionnelle. Cela peut sans doute s’expliquer par la méconnaissance ou l’incompréhension des caractéristiques de charge puisque 42% ne connaissent pas la puissance de la borne utilisée et 60% n’ont aucune idée de la puissance maximale du chargeur intégré à leur voiture.

Fait étonnant : 87% des répondants n’ont pas jugé nécessaire d’augmenter le montant de leur abonnement électrique, laissant présager que « le VE s’intègre naturellement dans la vie du foyer » selon le rapport d’Enedis.

Les apps et programmateurs, peu utilisés

Enfin, l’étude montre que moins d’un utilisateur sur quatre utilise la programmation de charge permise par les systèmes embarqués. Parmi eux, 45% le font directement depuis le véhicule, et 22% en se calquant sur le signal heures pleines/heures creuses de leur fournisseur d’électricité. Les apps connectées sur smartphones ne séduisent que 15% d’entre eux.

Qu’en retenir ?

A la lecture de ces chiffres, on se rend compte que l’usage d’un véhicule électrique semble moins contraignant qu'on pourrait le croire de prime abord. Non seulement l’autonomie n’est pas un frein au déplacement mais en plus il n’est même pas nécessaire de charger tous les jours. Et finalement, les bornes publiques – contrairement aux stations-service pour un véhicule thermique – sont moins indispensables qu’il n’y parait en usage courant. Enfin, et là aussi contrairement à ce que l’on pourrait penser – même si cette info est à prendre avec des pincettes - l’arrivée d’un VE dans un ménage n’a pas d’impact significatif sur la consommation d’électricité globale.