Cette simplification du catalogue est une vraie (mauvaise) surprise, alors que les véhicules n’ont été mis sur le marché qu’il y a moins de 4 ans. Sont ainsi concernés les Citroën Berlingo et Spacetourer, les Rifter et Traveller chez Peugeot et les Combo et Zafira chez Opel.

Les constructeurs ont beau tenter de sauver la face en jouant sur la fibre environnementale et en se plaçant en pionniers de la mobilité électrique, et argumenter sur l’obsolescence des moteurs essence et diesel à court terme, la réalité est bien moins reluisante.

Cette suppression inopinée est en fait à mettre sur le dos des normes CAFE. Selon celles-ci, édictées par l’Europe, les constructeurs ont chaque année une moyenne d’émissions de CO2 à ne pas dépasser ; avec un seuil revu à la baisse chaque année. Et malheureusement, avec leur physique de déménageur, les ludospaces et monospaces affichent une consommation relativement élevée, donc génératrice de rejets polluants. Et puisque Stellantis ne dispose pas, ou très peu, de motorisations électrifiées, ces modèles tirent la moyenne vers le haut. Le groupe n’a donc eu d’autre choix que de prendre cette décision, malgré le succès incontestable de ces modèles. Avant le lancement de la version électrique, Berlingo et Rifter s’étaient déjà écoulés à 1 million d’exemplaires ! Les deux marques se voient donc privées de sacrés volumes, et donc d’une grosse manne financière.

© Opel

280 km d’autonomie

Du coup, les ludospaces doivent désormais se contenter d’un moteur électrique de 100 kW (136 ch) associé à une batterie de 50 KWh, prodiguant 280 km d’autonomie dans le meilleur des cas. Un peu juste pour une voiture jouant souvent le rôle de véhicule principal des familles. Et surtout, le prix de base dépassant les 36.000€ (soit 10.000€ de plus qu’un modèle essence équivalent) ne jouera pas en leur faveur.

Les grands monospaces sont un peu mieux lotis puisqu’ils sont également disponibles avec une batterie de 75 KWh portant l’autonomie à 330 km. Mais les tarifs atteignent alors des sommets : à partir de 55.000€ chez Citroën.

Toyota et les utilitaires pas concernés

Les utilitaires n’étant pas repris dans le calcul de la moyenne de rejets des constructeurs, les versions camionnettes des Berlingo et Jumpy, des Partner et Expert et des Combo et Vivaro restent bel et bien au catalogue. De même, les Toyota ProAce Verso et ProAce City Verso restent bien proposés avec leurs 1.5l et 2.0l diesel pour le premier ; 1.2l essence et 1.5l diesel pour le second. Le constructeur japonais dispose dans sa gamme de nombreux moteurs hybrides à gros volumes, qui s’avèrent salvateurs. Toyota pourrait ainsi être le grand gagnant de ce choix forcé de Stellantis, au même titre que le Renault Kangoo, le Volkswagen Caddy et le nouveau Ford Tourneo Connect.

© Peugeot