Le véhicule autonome promis sur nos routes ne convainc plus un Belge sur trois.

On n’y coupera vraisemblablement pas. La voiture autonome finira un jour par envahir nos autoroutes, nos routes, nos villes, d’ici 2035. Mais le chemin est parcouru d’embûches. Technologiques. Mais aussi psychologiques. À intervalles réguliers, des vidéos inondent Internet, montrant un accident impliquant un véhicule dit autonome, à savoir qui se déplace sans aucune intervention du conducteur.

Selon Vias, "la surmédiatisation de certains accidents impliquant des voitures autonomes" nuit à la confiance des Belges envers ces véhicules.

L’institut, expert en matière de sécurité routière, s’appuie sur une grande enquête menée auprès d’un échantillon représentatif de Belges. Trois ans après une enquête identique, le constat est cinglant : la confiance du Belge se détériore.

La sécurité ? Seul un Belge sur cinq (18 %) estime que la voiture autonome serait moins impliquée dans un accident. Ils étaient 23 % en 2017. Les Wallons sont les plus pessimistes que les Flamands.

Une utopie ? Aujourd’hui, plus de quatre Belges sur dix ne croient pas du tout en un parc automobile constitué uniquement de voitures autonomes. Les Belges n’étaient que 38 % à partager cette pensée, trois ans en arrière. Et ça ne sera pas le cas avant 2050 pour 40 % de ceux qui y croient…

Ma liberté de conduire ? 28 % des Belges ne souhaitent pas laisser les commandes à un ordinateur. "La perte de liberté reste, pour eux, le plus grand inconvénient de la voiture autonome", selon Vias. Mais l’argument perd des adeptes par rapport à 2017 (42 %). Sans surprise, c’est aussi une question de génération : les 55 ans et plus sont les plus frileux à l’idée de confier le volant.

Quel piéton renverser ? C’est une des questions qui fâchent : il est aussi question de programmer les ordinateurs de bord pour déterminer, en cas d’accident inévitable, quelle victime choisira la voiture : le vieillard ou l’enfant, l’homme ou la femme, l’humain ou l’animal, etc. Étonnamment, la question du choix éthique, à ce stade, "ne préoccupe que deux Belges sur 10".

La faute à qui, en cas d’accident ? Surprenant ! Si la moitié des Belges dit que le constructeur est le premier responsable en cas d’accident impliquant une voiture autonome, un tiers estime quand même que la faute incombe au conducteur qui, pourtant, n’intervient pas dans le pilotage.