On parle beaucoup de la voiture électrique, laquelle représente un créneau qu’on ne peut plus ignorer à une époque où il s’agit d’assainir nos conditions de vie sur une planète presque à bout de souffle.

Mais les constructeurs avertis doivent toujours avoir un temps d’avance et le prochain défi qui s’offre à eux sera de faire rouler, en toute sécurité, des voitures sans que personne ne soit au volant, ou alors juste pour admirer le paysage.

Des drones de la route, en quelque sorte. Sauf qu’un avion vide a toujours un pilote au sol avec en main une sorte de télécommande (pour dire les choses simplement) tandis que dans notre cas de figure, la voiture, elle, prendra ses décisions toute seule ! Le rêve n’est pas nouveau.

En 1977, le laboratoire de robotique de Tsukuba, au Japon, faisait déjà fonctionner une auto… automatique sur un circuit donné. Elle ne faisait en fait que reconnaître le marquage au sol et la vitesse était alors de 30 km/h seulement.

Sept ans plus tard , Mercedes-Benz - tiens, tiens ! - testait une camionnette équipée de caméras, dont le logiciel de reconnaissance était développé par une équipe de l’université de la Bundeswehr, à Munich, sous la direction d’Ernst Dickmanns. Le véhicule pouvait rouler à 100 km/h sur un réseau routier… sans trafic.

En 94, cette même équipe, pour le même constructeur, démontrait, en situation réelle de trafic sur l’autoroute A1 à partir de Paris, que deux véhicules autonomes (VaMP and Vita-2), pilotés par logiciels, étaient capables de rouler en file, de changer de bande de circulation, d’effectuer de multiples dépassements à une vitesse de pointe de 130 km/h…

Les projets se multiplièrent ensuite pour affiner la technique. Et de nombreux constructeurs (voir par ailleurs) ont depuis emboîté le pas au géant allemand toujours à la pointe de la technologie.

L’annonce de Mercedes n’est donc certainement pas une surprise, juste le prolongement d’un investissement à long terme. Un prolongement, pas encore un aboutissement, puisqu’il faudra sans doute patienter encore 7 ans avant que la voiture autonome ne passe en production. "Mon estimation, quand je vois ce que nous avons atteint, c’est qu’il sera possible de conduire une Mercedes autonome en 2020", déclarait hier, à Francfort, Thomas Weber, chef de la recherche et des développements du groupe Daimler.

Les choses pourraient toutefois aller plus vite vu la concurrence d’autres grands constructeurs automobiles…