Auto-moto Le constructeur allemand a fait rouler trois camions de Stuttgart à Rotterdam, en convoi et de manière tout à fait autonome.


C'était il y a quelques jours à peine et tout s'est parfaitement déroulé.

Peut-être avez vous déjà entendu parler des fameux "trains de camions australiens." Il s'agit de tracteurs extrêmement puissants tirant plusieurs remorques à la fois et formant ainsi des trains routiers impressionnants sur des routes australiennes il faut le dire quasi rectilignes et désertes. Mercedes a, si l'on peut dire, aménagé le système à la sauce européenne, avec cette fois trois camions différents formant un convoi mais fonctionnant aussi en parfaite harmonie grâce à un dispositif d'autonomie baptisé Highway Pilot Connect élaboré par la firme à l'étoile, histoire de rendre les camions intelligents et hautement connectés!

En pratique, comment cela se passe-t-il?

Les camions autonomes scannent leur environnement immédiat et plus éloigné avec une précision maximale grâce à des systèmes de caméras et de radars, analysent les
données et adaptent en conséquence leur position sur la chaussée, ainsi que leur vitesse. Le Highway Pilot combine pour ce faire les fonctions des systèmes connus du régulateur de vitesse et de distance et de l'assistant de trajectoire, complétées par des interventions sur la direction. Il pilote non seulement le guidage longitudinal du camion, mais aussi, pour la première fois, le guidage latéral. Seule l'intégration du guidage latéral – une première dans le développement des véhicules industriels – permet au camion de rester automatiquement et en toute sécurité au centre de sa voie de circulation.

Cette fonction du Highway Pilot est tout d'abord limitée à une utilisation sur autoroute. Le territoire de prédilection d'un camion long-courrier se prête idéalement à la conduite autonome. A un stade ultérieur, il sera possible d'envisager un usage hors de ces grands axes sur des routes avec circulation en sens opposé et trafic latéral....

Quel est l'intérêt de rouler en convoi?

Espacés de 15 mètres grâce à l'interconnexion (au lieu de 50 mètres habituellement), la distance de sécurité minimale, deux camions ou plus forment donc, à vitesse identique, un convoi. Le maintien d'une distance minimale réduit la résistance à l'air et abaisse ainsi nettement la consommation de carburant (les 40 tonnes ne consomment plus que 0,66 l/100 km par tonne) et les émissions – en moyenne de 7 % maxi pour tous les véhicules du "train routier" mais réduit également l’espace utilisé sur la route de 150 mètres à 80 mètres ! Un véhicule peut à tout instant quitter le convoi routier. D'autres camions, équipés en conséquence, peuvent à tout moment s'y joindre.

Et la sécurité?

Si le premier camion doit freiner brutalement, le système a un temps de réponse de 0,1 seconde, de manière à laisser suffisamment de temps et d’espace aux autres camions pour freiner (ce qui se fait automatiquement donc). On note qu'il s'agit d'un temps de réponse nettement plus court, évidemment, que le réflexe humain. Les bahuts formant le peloton peuvent dans tous les cas visualiser sur un écran ce qui se passe devant le premier tracteur. Et les voitures qui montent sur l’autoroute ou qui doivent la quitter, peuvent sans problème s’intercaler entre deux camions du convoi sans "casser" celui-ci.

Un bien beau jouet... qui a bien sûr un coût. Reste à savoir si les patrons de flotte franchiront un jour le pas. L'an dernier, lors du Salon de Bruxelles, en enquêtan,t de manière discrète auprès des propriétaires de firmes de transport, on nous avait laissé entendre que des aides à la conduits pourtant évidentes comme le freinage automatique d'urgence étaient trop chères à financer pour une flotte entière de véhicules et que le risque d'accident ne justifiait pas l'investissement. Navrant constat...