Dans un communiqué adressé à la presse allemande, le boss de Daimler Ola Källenius a fait savoir que Mercedes mettait un terme à ses activités de développement de voiture autonome, jugeant "ne plus pouvoir gagner la course", alors que les entreprises de la Silicon Valley ont une sacrée longueur d’avance en la matière.

Mercedes vient pourtant de présenter sa toute nouvelle Classe S capable de réaliser des manœuvres sans conducteur à bord et prête pour une conduite automatisée de niveau 4 (désactivée dans l’attente d’une législation européenne à ce sujet). Mais il se montre lucide face aux investissements que nécessitent de tels développements, et de son impact sur la rentabilité du groupe dont il a la charge.

Ce faisant, il rompt radicalement avec son prédécesseur, Dieter Zetsche, qui misait beaucoup sur les nouvelles technologies et sur les services "MAAS" (Mobility as a service, incluant les taxis autonomes et voitures partagées entre autres). "Nos investisseurs n’attendent pas seulement du chiffre d’affaires, ils attendent surtout du profit" a rappelé Källenius, qui entend resserrer les activités de Mercedes autour de son core business, à savoir les voitures de luxe, mais aussi l’électrification. Une électrification à batteries puisque la marque annonçait au printemps l’arrêt du développement de voitures à hydrogènes.

La voiture autonome, la fin d’un mythe ?

Mercedes vient donc allonger la – déjà – longue liste des constructeurs ayant officiellement ou non « ajourné » leurs projets de voiture autonome. Le dernier en date n’était autre que Uber, dont le chef de la division Advanced Technology Group spécialisée en la matière a reconnu "n’avoir pas réussi à obtenir des réussites significatives depuis une longue période", affirmant même que la voiture "ne roulait pas bien".

De quoi dissiper pour de bon le rêve de la voiture autonome ? Peut-être pas. Car pendant ce temps, Tesla (constructeur automobile dont le siège est en Californie, au cœur de la Silicon Valley) déploie son nouveau Full Self Driving sur des voitures de série. Mais le conducteur doit néanmoins rester attentif et prêt à réagir. De son côté, Google ouvre au grand public son offre de taxis autonomes sans chauffeur via sa filiale Waymo. Mais l’usage est limité à un périmètre de 17 km² dans la ville de Phoenix, en Arizona, spécialement équipée pour l’occasion. Daimler, maison-mère de Mercedes, s’est par ailleurs alliée récemment à Waymo pour automatiser ses poids-lourds.

Si la conduite autonome n’est donc pas tout à fait morte, une chose semble toutefois acquise : ce n’est pas demain que vous pourrez piquer un roupillon au volant pendant que votre voiture file vers la Côte d’Azur.