Le litige entre les deux géants concerne l’utilisation de technologies mobiles et de connectivité développées par Nokia et utilisées sans licence dans les véhicules Mercedes. Un problème dont ne serait pas directement responsable le constructeur automobile, mais bien les équipementiers Bosch et Continental, en charge de la fourniture des dispositifs incriminés. Le tribunal a estimé dans son jugement "que ni Daimler ni ses équipementiers tiers n’étaient réellement disposés à acheter une licence" à Nokia pour l’utilisation de ses technologies. Le groupe allemand a bien entendu fait appel de cette décision, soutenu dans sa démarche par ses deux fournisseurs, et se dit confiant à ce qu’aucune interdiction de vente de véhicule ne soit prononcée, ce qui serait évidemment dramatique.

Nokia veut changer les règles

Dans la pratique, ce sont la plupart du temps les équipementiers qui souscrivent une licence globale auprès du fournisseur de technologie (Nokia), et en répercutent le coût sur la fourniture d’équipements au constructeur. En attaquant directement Daimler, et non les fournisseurs, le Finlandais souhaite forcer le groupe allemand à traiter directement avec lui, sans intermédiaire, en exigeant d’être rétribué sur chaque voiture vendue. Une façon de procéder qui serait déjà en vigueur avec BMW et Volkswagen, et qui coûterait très cher à Daimler.

Position dominante ?

Si Nokia se réjouit bien sûr de ce premier verdict, l’entreprise finlandaise se montre toutefois prudente et aurait notamment déposé une garantie de 7 milliards d’euros à titre de dommages et intérêts à Daimler dans le cas où la décision serait cassée en appel, selon l’agence Bloomberg. Car l’équipementier se trouve sous le coup d’une enquête fédérale allemande et européenne pour violation des règles de concurrence et de position dominante. Affaire à suivre donc.