Etes-vous parmi ceux qui sont privilégiés ?

Le premium à la cote en Belgique. Et la situation est assez spécifique à notre pays. Certes, les gens qui n’ont aucun problème d’argent en général ne s’achètent pas une Renault Clio, une Fiat Panda ou un Dacia Logan, mais cela ne tient pas qu’à ça. En fait, outre les privilégiés, ce sont évidemment les indépendants et les sociétés, avec leur flotte spécifique, qui font gonfler les chiffres.

« La situation des flottes d’entreprise est effectivement assez propre à notre petite Belgique, explique Joost Kaesemans, porte-parole de la Febiac. Il s’agit d’un avantage octroyé aux employés. Et même si on remarque, ces derniers temps, que l’on a tendance à baisser de catégorie (par exemple, en passant d’une catégorie supérieure à une catégorie inférieure), le phénomène reste très significatif pour notre marché. »

En clair, les voitures-salaires, comme on les appelle, demeurent très prisées des salariés belges qui ont la chance de pouvoir disposer de ces voitures de société. Et si certains, ces dernières années, y renoncent contre une certaine somme d’argent en plus par mois, cette proportion est assez limitée. Cette voiture de firme qu’on peut évidemment aussi utiliser les week-ends et en vacances, c’est un sacré avantage. D’autant, qu’on y associe parfois aussi une carte de carburant .

L’autre raison qui explique ce succès des voitures premium est que les marques de luxe ont tendance à ratisser large. « Aujourd’hui, elles ne se contentent plus de produire de gros SUV ou de grandes berlines. On trouve dans leurs showrooms des citadines qui bénéficient de l’aura de leurs grandes sœurs au niveau du public. » Au hasard, on peut citer l’A3, voire l’A1, chez Audi, la Série 1 (ou 2) chez BMW, la Classe A chez Mercedes, le XC 40 chez Volvo, etc. Celles-là attirent aussi les privés, prêts à dépenser un peu plus pour s’acheter une voiture qui, qu’on le veuille ou non, offre aussi un certain statut. Les produits de luxe n’attirent pas que les gens riches…

« J’ajouterai que les marques premium ont une politique de flotte tellement agressive actuellement que les marques généralistes ne peuvent pas suivre. Un gérant de flotte m’a dit dernièrement qu’il avait reçu un meilleur prix pour des voitures premium que pour des voitures d’un constructeur généraliste (allemand). Il a donc remplacé toute sa flotte, en procurant ainsi des autos qui flattent l’égo de ses employés et leur donnent la banane !» Et donc la pêche pour travailler !