Ceux qui ont acheté ou vendu une occasion au cours de la dernière décennie connaissent bien le Car-Pass. Ce document remis par le contrôle technique est obligatoire lors de la cession d’un véhicule. Il en certifie le kilométrage réel grâce aux données relevées à chaque passage en station de contrôle, mais aussi en atelier.

Cela n’a pas empêché 1.578 cas de fraudes détectés l’an dernier. En cause notamment, les véhicules importés, ne disposant donc pas de Car-Pass puisqu’il ne s’agit que d’une obligation purement belge.

Ainsi, 672 cas concernaient des véhicules étrangers, soit 1,2% du total des importations. Cette proportion n’était que de 0,13% sur les véhicules "belges", preuve de l’efficacité du précieux sésame.

Les marques ne jouent pas toujours le jeu

Car-Pass en est bien consciente et réclame un renforcement de la coopération avec les pays européens sur le partage des données, pourtant une obligation légale : "La diminution des immatriculations de voitures neuves a causé une pénurie sur le marché de l’occasion et a provoqué une augmentation des importations. 14% des Car-Pass ont été émis pour un véhicule importé. Compte tenu de cette croissance, il est très important que Car-Pass ait accès aux historiques des véhicules étrangers, sinon la porte serait grande ouverte à la fraude. Deux ans après l’introduction de l’obligation légale, la communication de ces données avec la plupart des marques est au point mort", déplore l’asbl. Avec tout de même une notre positive : pour 48,5% des véhicules importés, les relevés kilométriques étrangers figuraient sur le Car-Pass, ce qui représente le double par rapport à l’année dernière.

Un demi-million de différence !

En 2021, le plus gros différentiel a été enregistré par un Renault Kangoo, dont le dernier kilométrage indiquait 157.736 km, alors que le précédent relevé faisait état de 643.976 km. Soit un écart de 486.240 km ! Plus de dix véhicules affichaient par ailleurs une différence de plus de 300.000 km entre la réalité et l’affichage au compteur.