Renaulution sera divisé en trois étapes. La première, "résurrection" se concentrera sur la marge, afin d’augmenter la marge bénéficiaire et les liquidités. La seconde, "rénovation" verra le renouvellement et l’enrichissement des gammes pour augmenter la profitabilité des marques. Enfin, "révolution" en 2025 transformera le groupe Renault en acteur de la tech, de l’énergie et de la mobilité pour en faire l’un des leaders de la nouvelle mobilité. Pour parvenir à ces objectifs, Renault s’appuiera sur plusieurs piliers dont augmentation de l’efficience dans la production et la recherche, et un renforcement de l’Alliance (avec Nissan et Mitsubishi).

L’objectif est clair comme l’a annoncé d’emblée Luca de Meo, le PDG de l’entreprise : "Passer d’une approche de volume [telle qu’elle était jusqu’à présent] à une approche de valeur " comparant le Groupe dont il a pris les rênes en juillet à " une voiture qui serait devenue trop grande, trop lourde pour la puissance du moteur " dans un état des lieux de l’entreprise d’une étonnante transparence.

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24 nouveaux modèles en 5 ans

L’avenir du Groupe Renault se construira autour de 4 branches " avec chacune une identité et un positionnement forts ". Cela inclut le lancement de 24 nouveaux modèles en 5 ans, parmi lesquels " au moins " 10 véhicules 100% électriques, dont la moitié sur les segments moyens C (Megane, Kadjar) et D (Talisman, Koleos).

L’objectif est aussi de réduire le nombre de modèles " régionaux " au profit de voitures plus mondialisées. L’ensemble des modèles devraient se partager une seule motorisation essence, laquelle sera, selon les cas, secondée ou non hybride (E-Tech) ou rechargeable (Plug-in) pour couvrir tous les spectres de puissance.

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Renault : électrique toutes !

Comme pressenti, la Renault 5 va faire son retour dans la gamme, sous forme d'un modèle 100% électrique et abordable. Pas de trace en revanche de la 4L dont les rumeurs faisaient également état ces derniers jours.

Porte-étendard du Groupe, Renault lancera une offensive inédite sur le segment C dont une Megane-E l’année prochaine qui intégrera un système connecté Android Auto fourni par Google. La gamme sera complètement renouvelée dans les 4 ans, avec un focus sur l’Europe, l’Amérique Latine et la Russie principalement. Une expansion qui sera principalement tournée autour de l’électricité puisqu’un nouvel "Electro Pôle" devrait voir le jour dans le nord de la France pour devenir la plus grande unité de production de véhicules électriques du groupe, notamment de batteries. Cela inclut également la conclusion d’un joint-venture pour des voitures à hydrogène.

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Dacia-Lada : le retour du Niva

Les deux marques low-cost du Groupe augmenteront leurs synergies tout en continuant à se baser sur " des technologies éprouvées ciblant les acheteurs raisonnables ". Dans les 5 ans, les deux marques passeront de 4 bases techniques différentes à 1 seule et de 18 carrosseries à 11. Dans le même temps, 7 modèles seront lancés dont 2 sur le segment C (Renault Megane) ; une première pour Dacia. La première a déjà été révélée sous forme de concept : il s'agira d'un grand SUV préfiguré par le concept Bigster. Côté motorisations, Dacia profitera de la technologie hybride E-Tech et continuera à miser sur le LPG, tout comme Lada. Il est aussi question du " retour de modèles iconiques ", ce qui annonce sans le nommer l’arrivée d’un nouveau Niva dans la gamme Lada.

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Alpine : partenariat avec Lotus

En plus de l’A110, Alpine deviendra la branche sportive globale du Groupe (ou « Avant-Garde » pour reprendre le jargon officiel) et sera… entièrement électrique ! Elle s’appuiera " sur les plateformes CMF-B et CMF-EV " pour développer une " hot-hatch du segment B et un Crossover du segment C " mais aussi sur un partenariat avec le constructeur anglais Lotus pour sa future sportive. L’ambition est d’arriver à la rentabilité en 2025, en incluant les programmes de sport auto dont la formule 1. 

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Mobilize : pour la nouvelle mobilité

Enfin, le Groupe Renault lance à son tour sa branche dédiée à la nouvelle mobilité. Mobilize se concentrera surtout sur la mobilité en tant que service (MAAS, Mobility as a service) et aux solutions de financement. Cela passe par le développement de 4 véhicules spécifiques : deux dédiées à l’autopartage, l’une au covoiturage, et la dernière à la livraison urbaine " du dernier kilomètre ". Cette nouvelle entité pourrait représenter 20% du chiffre d’affaires du Groupe d’ici 2030 !