Hyundai avait été le premier constructeur à renoncer à au Salon de l’Auto 2021 si celui-ci devait se tenir coûte que coûte. La Febiac, fédération organisatrice, a fini par suivre le constructeur et annulé purement et simplement l’événement. Olivier Sermeus n’y voit pas une victoire, mais cautionne la décision : "Je me passerais bien, comme tout le monde, de ce qui a poussé les organisateurs à prendre cette décision logique. Mais j’ose dire qu’il y a une certaine logique, ça oui". Notre interlocuteur se dit malgré tout confiant pour les ventes de voitures neuves l’an prochain : "Je pense que ça ne changera pas grand-chose en termes de volume total, cela va se niveler sur l’année. Par contre, il faut être réaliste : cela fait des années que le marché belge affiche une santé pas très naturelle et je m’attends à ce qu’on tombe à environ 400.000 ventes, Luxembourg compris. C’est donc une vraie baisse mais en même temps, la valeur moyenne des voitures vendues augmente en raison notamment de l’électrification, ce qui compense en partie le problème pour les importateurs et les concessionnaires".

La fiscalité, source d’inquiétude

Mais au fond, c’est un tout autre sujet qui préoccupe le patron : "Je me soucie davantage de savoir comment la fiscalité va évoluer en Belgique que de savoir si le Salon va encore exister à l’avenir". En effet, bien qu’Alcopa soit l’importateur officiel de MG et Maxus, deux marques de voitures majoritairement électriques, les effets d’annonce des ‘politiques’ – dont l’interdiction de voitures de société à moteur thermique en 2026 – laissent le marché dans le flou. "C’est bien beau de dire ça, mais rien n’est prêt pour une telle situation. Qu’en sera-t-il des valeurs résiduelles sur les leasings par exemple ? Le plan n’est pas clair du tout et on ne sait pas où on va, ce qui est toujours la pire des choses dans le business. Il n’y a aucune consultation avec le secteur et on a toujours l’impression que l’automobile est le mauvais élève qu’on veut punir. Pourtant, nous ne demandons qu’à collaborer et à travailler main dans la main avec les autorités pour développer un plan qui tient la route. On oublie souvent que le secteur auto est le plus gros employeur du pays" conclut-il.