VIAS, notre institut national pour la sécurité routière, et son pendant wallon AWSR viennent de publier les résultats de leurs enquêtes respectives concernant la courtoisie au volant, ou plutôt son absence. De ces résultast, on peut déduire qu'il y a comme de l'électricité dans l'air. Clairement, le fait de se relancer massivement sur les routes après la longue accalmie due à la crise du coronavirus n'a pas fait du bien à nos nerfs.

De la petite négligence au comportement dangereux

L'AWSR nous apprend ainsi que 25% des conducteurs wallons adoptent souvent des comportements discourtois. Vraisemblablement plus en fait, car 75% des interrogés reconnaissent qu'il leur arrive de se laisser aller. Ces comportements vont du simple "dérangeant" (oubli d'un clignotant, 15%; occupation abusive de la bande du milieu, 20%) à la véritable mise en danger. Plus d'un Wallon sur 10 avoue ainsi freiner brutalement lorsqu'un autre automobiliste le suit de trop près, 1 sur 6 accélère au contraire quand on essaie de le dépasser, et 25% reconnaissent s'insérer parfois de force dans le trafic même lorsqu'il n'a pas priorité. On note aussi que les conducteurs qui reconnaissent le plus ces incivismes sont les 18-34 ans (31%), suivi des 35-54 ans (21%) puis des "vieux sages" de plus de 55 ans (9%).

Violence en hausse

Plus préoccupant encore, l'étude de VIAS met surtout en évidence une augmentation des violences physiques dans la circulation. S'il apparaît que moins de conducteurs belges disent avoir été victimes d'agressivité sur la route (54%, contre 57% en 2017), cette agressivité prend aujourd'hui d'autres proportions. Dans 7% des cas, les choses aboutissent à de la violence physique, contre 2% il y a 5 ans. Et ça ne vaut pas que pour les agressés, puisque 6,5% des conducteurs reconnaissent être descendus eux-mêmes de voiture pour "s'expliquer", contre 2,5% en 2017.

Les pires comportements

Enfin, VIAS établit la liste des comportements que nous trouvons les plus irritants. Sur autoroute, vient en tête le fait de rester sur la bande du milieu, suivi par ceux qui vous collent aux fesses, puis enfin l'utilisation du GSM au volant. En ville, nous détestons par-dessus tout ceux qui n'utilisent pas les clignos, puis ceux qui utilisent leur GSM, puis ceux qui s'engagent dans un carrefour déjà encombré, et bloquent les autres usagers.

Terminons tout de même sur une note d'optimisme : 93% des Wallons et Wallonnes disent adresser un petit remerciement de la main quand on les laisser s'insérer dans une file. La courtoisie, ça commence simplement par ça.