"Le Plan de mobilité 'Good Move', adopté en 2019 par la Région bruxelloise, a pour objectif de réduire l’usage de la voiture de 24 % à l'horizon 2030, en interdisant à cette date l’usage des voitures thermiques (diesel en 2030 et essence en 2035). La Région bruxelloise vise par ailleurs une réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre en 2030" explique Touring en guise d’introduction. "Or, ce n’est pas en menant une politique visant à réduire le nombre de bandes de circulation et le nombre d’emplacements de parking que l’on va convaincre le citoyen bruxellois et le navetteur de ne plus se déplacer en voiture" poursuit l’organisation qui rappelle également que si le nombre d’automobilistes est si élevé dans la capitale, c’est faute d’alternatives crédibles durant ces dernières décennies.

Touring regrette la politique du "repli sur soi" menée par les autorités bruxelloises, entraînant la fermeture d’axes d’entrée dans la ville. "Cette dernière empêche les navetteurs ainsi que les habitants de la capitale de soutenir l’activité économique et culturelle de la Région bruxelloise en pleine crise". Et l’organisation de pointer du doigt les risques économiques d’une mise au ban de l’automobile, "qui entrainera l'effondrement de l’industrie automobile avec des milliers d’emplois supprimés et un manque à gagner pour l’Etat belge de plusieurs milliards d’euros", tout en mettant en doute l’efficacité de ces nouvelles mesures suite à l’expérience relevée dans d’autres villes d’Europe aux politiques similaires qui n’ont "pas généré d’impacts positifs ni en termes de qualité de l'air, ni en termes de décongestion de la ville. Au contraire, la ville Grenoble, par exemple, est passée de la 7e à la 4e place des villes les plus congestionnées de France" précise encore le communiqué.

Se basant sur une étude récente du SPF Mobilité, Touring craint que le nombre de cycliste ne diminue drastiquement en hiver et rappelle que "le vélo ne convient pas à tout le monde, et que ce n’est pas toujours évident pour les personnes d’un certain âge".

Propositions

Touring ne nie toutefois pas qu’un changement des comportements est nécessaire, et qu’il est important de réduire l’usage de la voiture dans les déplacements urbains. "Nous avons besoin d'une ville où tous les modes de transport peuvent cohabiter, en toute sécurité". Selon les chiffres de l’organisation, une réduction de 10% du trafic routier permettrait de réduire jusqu’à 40% les congestions.
"Touring préconise de dédier les grands axes aux véhicules, avec des feux de circulation et des carrefours intelligents, et de convertir des routes parallèles et perpendiculaires à ces grands axes pour la mobilité active. Il faut éviter de démultiplier les pistes cyclables déjà existantes […] qui déplacent les embouteillages en amont et sont des non-sens source de frustrations et de coûts publiques inutiles", menant à la création d’un climat "malsain" entre automobilistes et cyclistes.

Enfin, l’organisation plaide pour de grands hubs multimodaux à l’entrée des grandes villes pour favoriser la transition entre différents moyens de transport, et pour la mise en place d’incitants fiscaux pour l’utilisation d’une mobilité plus douce.