Alors que l’on pensait l’histoire de Spyker définitivement terminée après l’aveu de faillite déposé en mars dernier, quelle ne fut pas notre surprise de recevoir un communiqué de la marque annonçant avoir trouvé de nouveaux investisseurs. Il faut dire que Victor Müller, propriétaire de la marque a toujours su s’entourer de généreux donateurs, sans se montrer trop regardant sur la provenance de ces fonds, ce qui a valu quelques déboires judiciaires à certains de ses investisseurs par le passé.


Cette fois, Spyker est soutenu par les investisseurs Boris Rotenberg et Michaïl Pessis, co-propriétaires de l’écurie SMP Racing et d’autres entreprises actives dans l’automobile, BR Engineering (spécialisée dans le développement de prototypes de course) pour le premier, Milan Morady (bureau de design) et R-Engineering (tuning) pour le second.

Avec ces nouveaux soutiens financier, l’entreprise entend relancer le développement et la commercialisation de trois modèles : la C8 Preliator, la B8 Venator et le SUV D8 Peking-to-Paris, véritable serpent de mer de la marque, dont le premier concept remonte déjà à…. 2006 !

© Spyker

De réorganisations en renaissances

Dire que l’histoire de Spyker n’est pas un long fleuve tranquille est un euphémisme. Créée en 1880 par Jan et Jacobus Spijker comme entreprise spécialisée dans l’entretien d’attelages, Spyker fabriquera sa première automobile 8 ans plus tard. La marque diversifiera ensuite ses activités dans l’aviation en 1914 en fusionnant avec la Dutch Aircraft Factory, et continuera à produire des automobiles jusqu’en 1925, date de sa première faillite.

En 1999, Victor Muller et un associé ressuscitent la marque, et présente la C8 Spyder au Salon de Birmingham l’année suivant. Malgré une diversification de la gamme qui comptera jusqu’à 4 coupés et cabriolet, les ventes restent confidentielles, et l’on estime à un peu plus de 250 le nombre de voitures produites par Spyker au cours des 20 dernières années !

Cette production ultra limitée n’a pas empêché son PDG d’investir à tout va, tantôt dans le sport automobile (en GT, mais aussi en Formule 1 en 2006 et 2007 après avoir racheté Midland F1), tantôt en rachetant Saab à General Motors en 2010 pour 400 millions de dollars ! Faute d’accord et de moyens suffisant pour pérenniser l’entreprise, Muller se voit contraint de vendre Spyker à un investisseur russe (tout en en restant le PDG), ce qui ne sera pas suffisant pour sauver Saab vendue l’année suivante. Depuis cette date, aucune voiture ne semble avoir été construite par Spyker, et la faillite avait été prononcée en mars dernier. Mais voilà donc la marque prête à rebondir une nouvelle fois.