À partir du 1er janvier, la Commission impose un calculateur de consommation sur les véhicules neufs. Une boîte noire quoi !

On y arrive donc tout doucement, à ces fameuses boîtes noires dans les voitures. On n’en est pas encore au système qui équipe les camions, mais c’est une première étape.

Elle sera franchie dès le 1er janvier prochain ! Le système a un nom quelque peu barbare : OBCFM pour "On-Board Fuel Consumption Meter".

De quoi s’agit-il ? En réalité, il équipe déjà bon nombre de voitures, puisque ce n’est rien d’autre que l’indicateur de consommation que l’on peut faire apparaître sur quasi tous les tableaux de bord. Il permet aux utilisateurs de connaître les besoins en carburant de leur véhicule. Jusqu’ici, on pouvait d’ailleurs se demander à quel point il était fiable. Pas si difficile pour un constructeur de faire apparaître une conso plutôt favorable afin de vanter ainsi les mérites énergétiques de son produit. Quel est le conducteur qui note le nombre de kilomètres parcourus lorsqu’il fait le plein à la pompe (ce qui constitue toujours le moyen le plus sûr de connaître sa consommation réelle) ? Désormais, en tout cas, les marques devront toutes marcher droit car c’est la Commission européenne qui impose ce système sur tous les véhicules neufs dès 2020.

Quel est le but ? L’idée est de récolter les données de consommation réelle afin de les comparer avec celles des cycles d’homologation cités par les constructeurs. Ceux-ci doivent en effet garantir l’exactitude des données avec une marge de plus ou moins 5 %.

Mais ce mouchard électronique (il n’y a pas d’autre mot !) ne se contentera pas de collecter les données de consommation de carburant via la gestion moteur. En effet, le logiciel enregistrera aussi la consommation d’énergie des voitures électriques ou hybrides rechargeables. Il pourra également mesurer la distance totale parcourue par le véhicule depuis sa mise en circulation, le débit de carburant et même… la vitesse du véhicule !

À partir de 2021, la transmission des données à la Commission sera mise en place. On ne sait pas encore trop comment le transfert de données futur sera mis en œuvre, ni quelle utilisation exacte il sera fait de l’OBFCM.

On parle d’un transfert anonyme de données pour ne pas pénaliser le conducteur. Mais anonyme jusqu’à quand et jusqu’à quel point ? On peut se poser la question. D’aucuns n’hésitent pas, déjà, à évoquer l’introduction d’une taxe annuelle au kilomètre parcouru, voire directement liée à la consommation de carburant, donc aussi aux émissions de CO2. Une manière d’inciter tout le monde à lever désormais le pied, quitte à verbaliser les automobilistes impénitents…